Entreprise Plusieurs actionnaires critiquent la décision du conseil d’administration de ne pas distribuer de dividende.

Détenue à près de 100 % par BNP Paribas, la filiale belge BNPP Fortis a encore quelques actionnaires minoritaires. Certains d’entre eux étaient présents jeudi à l’assemblée annuelle pour poser des questions et exprimer leurs griefs. Ils étaient plusieurs à mettre le CA sur le gril, dont André de Barsy connu pour son activisme aux assemblées, Benoit Deckers, directeur général chez Bois Sauvage et un actionnaire issu du milieu de la finance. Tous les trois ont posé des questions très précises sur le rachat de la société de leasing Arval à BNP Paribas et sur la décision du conseil d’administration de ne pas distribuer un dividende pour l’année 2016. Tous les trois ont voté contre l’affectation des bénéfices.

"Le CA propose de ne pas verser de dividende et favorise ainsi de nouveau son actionnaire de loin majoritaire… Naturellement, il revient au CA de décider de la politique de réservation et de distribution mais un CA est tenu d’agir dans l’avantage de la société et non dans le seul avantage de l’actionnaire majoritaire", a estimé un actionnaire.

"Stratégie propre"

André de Barsy a, lui, rappelé que pour l’exercice 2015, une AG extraordinaire avait été convoquée pour distribuer un dividende intercalaire de 4,15 euros par action (soit 2 milliards au total, ce qui excédait le bénéfice à affecter). Et de pointer du doigt "une stratégie propre" de l’actionnaire français "qui fait peu de cas d’un souhait légitime d’autres actionnaires de connaître une certaine régularité dans la distribution d’un dividende".

La réponse du CA a été de dire que la non-distribution du dividende "permet de maintenir la solvabilité de la banque à fin 2016 au même niveau qu’à fin 2015".

Sur le rachat d’Arval, Benoit Deckers a, lui, relevé que la valorisation de la société de leasing est de 2,3 milliards d’euros pour des fonds propres de 1,1 milliard. Ce qui veut dire que la filiale belge a payé un "goodwill" de 1,2 milliard d’euros. Et de demander où celui-ci a été comptabilisé. Se basant sur des règles comptables américaines, le "goodwill" a été déduit des fonds propres. Ce qui a été contesté par les actionnaires minoritaires.