Entreprise

En tant que président du conseil central d'entreprise d'Opel, Klaus Franz parle aussi pour l'usine vétuste de Bochum dans le bassin de la Ruhr. Or, confie-t-il, il sera «extrêmement difficile» de sauver l'emplacement au-delà de 2010. Jusqu'en 2010, le côté «ouvrier» voudra obtenir que le successeur du modèle Astra soit construit à Bochum et non pas en Grande-Bretagne ou en Pologne où le niveau salarial est beaucoup plus bas. L'accord de décembre prévoyant des compressions d'effectifs de 10.000 postes chez Opel frappe en premier lieu Bochum où la direction veut faire partir 4.100 personnes sur 9.600. Dans l'usine de Rüsselsheim, modernisée à grands frais il y a deux ans, seulement 3.900 des 21.000 postes sont condamnés.

La grève sauvage, qui éclata en octobre dernier à Bochum quand Detroit divulgua ses plans, a sans doute fortifié les managers de General Motors dans leur décision d'en finir avec l'usine la plus rebelle du groupe mondial. Tout en montrant de la compréhension pour les grévistes, Klaus Franz critique les débordements organisés par des «soi-disant marxistes accourus de toute l'Allemagne pour faire la révolution». Evidemment, pour la survie de Bochum, les ouvriers font d'abord confiance au chef du conseil d'entreprise local, Rainer Einenkel. Lui qui avait démissionné de son poste de vice-président il y a quelques jours pour émettre un «signal», vient d'être élu président à la grande majorité, le titulaire s'étant désisté pour raisons de santé.

A Bochum, la manière douce du type Franz atteint ses limites.

© La Libre Belgique 2005