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Le constructeur américain Boeing compte accélérer la production de son futur long courrier 787, dit le Dreamliner, de 2 modèles par mois actuellement, à 10 modèles par mois d’ici la fin 2013, ont expliqué ses dirigeants lors d’une journée de présentation aux investisseurs. "L’accélération de la production est en marche", a déclaré James Bell, directeur financier. Le groupe précise dans le texte de sa présentation que "les progrès sur l’assemblage final du 787 Dreamliner s’accélèrent" et met en avant un carnet de commandes de 860 avions. Fin avril, le "Wall Street Journal" affirmait que Boeing rencontrait de nouvelles difficultés avec certains sous-traitants retardant la livraison de pièces du fuselage du 787 Dreamliner. Boeing avait réagi en affirmant à l’AFP qu’il procédait à "des ajustements temporaires dans le calendrier d’approvisionnement des composants dans le but de maintenir l’équilibre du flux de production", ajoutant que ces modifications étaient "en phase avec (ses) engagements de livraison". La structure innovante du 787, composée à 50 % de matériaux composites, et sa fabrication éclatée sur plus d’une centaine de sites ont causé de nombreux problèmes techniques à Boeing. Le premier vol d’essai du Dreamliner s’est déroulé le 22 décembre 2009, avec deux ans de retard. Le constructeur prévoit de livrer le premier exemplaire à la compagnie aérienne japonaise ANA fin 2010. James Bell a fait valoir que son groupe essayait de "rééquilibrer" le mode de production du 787 mais que ce système de production éclaté serait désormais la norme chez Boeing. Sur la version élargie de son long courrier, le 787-9, Boeing précise ainsi avoir "augmenté sa prise de responsabilité dans la conception", "augmenté sa présence auprès de ses partenaires". Le groupe table sur un début de la production au premier trimestre 2012 pour le 787-9. Interrogé sur les marges du 787 inférieures à celles des autres modèles du groupe, M. Bell a répondu que "tous les nouveaux programmes commencent avec des marges plus faibles". "Mais au bout du compte, nous parviendrons" aux mêmes niveaux de marges, a-t-il ajouté. Il a par ailleurs minimisé l’impact des fluctuations de change sur le groupe. "Nous avons une chaîne d’approvisionnement mondiale" et "des contrats d’approvisionnement de long terme en dollars", a-t-il noté. "Ce sont les fournisseurs qui doivent se débrouiller avec les variations de change. Nous achetons en dollars et cela nous protège", a-t-il insisté. Il n’a toutefois pas parlé directement de l’euro qui a fortement baissé face au dollar et de l’impact que cela pourrait avoir sur les ventes aux compagnies européennes. (AFP)