Entreprise

Bpost souffre en bourse et perd plus de 7% en cours de matinée. Les perspectives de croissance sont faibles. Le secteur de la livraison de courrier est en crise mais l'entreprise continue de se positionner sur la logistique de l'e-commerce, secteur d'avenir à ne pas louper, pour sortir la tête de l'eau.

En 2022, l'entreprise postale souhaite que 45% de ses revenus proviennent des activités en dehors de la Belgique et que 60% soient générés par les activités liées aux paquets et à la logistique. L'évolution de l'environnement et des besoins des clients met sous pression le métier traditionnel de bpost en Belgique. Le déclin du volume de courrier s'accélère (jusqu'à -7% en 2018 et -9% d'ici 2022), alors que progressent les paquets et les activités logistiques liées au commerce électronique dans la région Belgique-Pays-Bas, en Europe, en Amérique du Nord ainsi qu'en Asie.

L'entreprise a lancé une offre intégrée de paquets Belgique-Pays-Bas, en développant sa collaboration avec DHL, une politique tarifaire différenciée et des partenariats avec des e-commerçants importants. "Ces activités seront étayées par un modèle opérationnel continuellement optimisé pour les paquets, avec une capacité de tri accrue et une infrastructure dédiée, tout en tirant parti d'une synergie en termes de coûts avec les tournées courrier", ajoute-t-elle.

Révision des prix

L'entreprise postale ambitionne aussi de faire de Radial, l'entreprise américaine de solutions logistiques pour l'e-commerce qu'elle a rachetée en octobre 2017, un moteur de la croissance, en devenant un acteur majeur sur le marché de la logistique d'e-commerce aux États-Unis. Bpost table sur une croissance annuelle du chiffre d'affaires de Radial de 7 à 9 % entre 2019 et 2022 et une contribution à l'EBIDTA (bénéfice avant impôts, taxes, etc.) de 100 à 120 millions de dollars d'ici 2022.

Bpost souhaite néanmoins rester un "fournisseur efficace" de courrier, de commerce de détail et de services publics. "La baisse prévue du volume de courrier sera de plus en plus compensée par des révisions de prix et des améliorations supplémentaires de la productivité, grâce à nos options de réduction des coûts", explique Kurt Pierloot, CEO de Mail & Retail.

Nouveauté dès 2019 : le choix du délai de livraison des lettres

Dès l'an prochain, l'entreprise proposera à ses clients de choisir la livraison du courrier à J + 1 (auquel cas le timbre coûtera plus cher) ou à J + 3.

Ces priorités stratégiques entraînent une révision des objectifs financiers à moyen terme du groupe, avec l'ambition d'atteindre un EBIT normalisé de 400-440 millions d'euros en 2018. Sur la période 2019-2022, bpost prévoit un EBIT organique normalisé de l'ordre de 390 à 440 millions d'euros.

"Il y a une perte de confiance des investisseurs vis-à-vis du management de bpost"

Depuis plusieurs mois maintenant, chaque sortie de Koen Van Gerven ou communication de l’entreprise se traduit par un nouveau ressac boursier. Ce jeudi n’a pas fait exception donc.
 
“Au niveau de l’évolution du ‘business model’ de l’entreprise, il n’y a pas eu de grand changement ces derniers mois. Le problème de bpost, c’est que la croissance générée par l’entreprise, notamment dans la distribution des paquets et l’e-commerce, n’est à ce stade pas aussi profitable qu’espéré par le marché. Les coûts de l’entreprise restent assez élevés et ne diminuent pas assez vite. Les synergies avec Radial ne sont pas au rendez-vous. Et la croissance des revenus n’est pas aussi rapide qu’attendu”, explique Tom Simonts, économiste chez KBC Group.

Il pointe notamment la difficulté de réduire les coûts en Belgique en raison du poids syndical et d’augmenter les prix dans la distribution des paquets dans une contexte de forte concurrence, notamment avec Post NL.

Et d’ajouter: “Nous sommes bien obligés de croire aux prévisions avancées par bpost mais il y a aujourd’hui une perte de confiance des investisseurs vis-à-vis du management. Il avait dit que Radial était une acquisition fantastique. Ce n’est pas le cas et ce rachat a été très cher pour bpost. Les investisseurs se posent des questions et attendent aujourd’hui des réponses solides de la direction. Et attendent de vérifier si les objectifs fixés seront bien concrétisés.”