Entreprise

Brussels Airlines a enregistré un léger bénéfice net de 3,57 millions d'euros l'an passé. La compagnie aérienne belge a en outre fait face "à une forte pression sur les rendements", reconnait-elle jeudi à l'occasion de la publication de ses résultats annuels. Le chiffre d'affaires a, quant à lui, atteint 1,3 milliard d'euros tandis que le nombre de passagers transportés a dépassé, pour la première fois, la barre des 9 millions. En 2015, Brussels Airlines avait enregistré son premier bénéfice net depuis 2010. Il avait alors atteint 41,3 millions d'euros pour ensuite reculer à 15 millions d'euros en 2016, année marquée par les attentats à Brussels Airport et dans la station de métro bruxelloise Maelbeek.

Une comparaison du bénéfice net 2017 avec ces différents chiffres semble cependant difficile, les résultats étant désormais établis dans une norme comptable différente qu'auparavant.

Concurrence intense

L'environnement fut "hautement compétitif" l'an dernier et des investissements stratégiques pour le futur ont pesé sur les résultats, concède Brussels Airlines. L'entreprise évoque à ce sujet la reprise de la plupart des activités de la compagnie aérienne belge Thomas Cook Airlines Belgium, le lancement d'une liaison vers Mumbai, en Inde, et celui il y a deux ans d'une ligne à destination de Toronto, au Canada. Mais ces investissements "créent de nouvelles sources de profit", relève-t-elle.

Les chiffres pour 2017:

- Chiffre d'affaires: 1,326 milliard €

- Résultat opérationnel: 14,98 millions €

- Trésorerie: 204 millions d'euros

- Bénéfice net: 3,57 millions €

En Europe, l'intégration des activités de Thomas Cook Airlines Belgium, dont 160 membres d'équipage et deux avions A320, a permis à Brussels Airlines de renforcer sa position dans le segment des loisirs. Elle a ainsi pu ajouter 26 nouvelles destinations à son réseau et améliorer davantage sa productivité. Cela a eu pour corollaire d'augmenter sa clientèle d'un million de passagers supplémentaires, "ce qui a contribué considérablement à la rentabilité du réseau européen hautement compétitif".

Réseau européen non rentable selon le CEO d'Eurowings

Il y a quelques jours, en déplacement à Bruxelles, le patron d'Eurowings, une filiale du groupe allemand Lufthansa (qui a racheté fin 2016 toutes les parts de Brussels Airlines, ndlr), avait pourtant souligné que le réseau européen de Brussels Airlines n'était pas rentable.

En augmentant le nombre de sièges sur le réseau européen et, par conséquent, le nombre de passagers, la compagnie a pu augmenter sa part de marché. Cela a toutefois créé une pression importante sur le rendement, reconnait-elle.

L'Afrique, bastion fort

Avec une très bonne performance, malgré des crises politiques, l'Afrique est, elle, restée le bastion fort en 2017, se félicite l'entreprise. Pour la première fois, elle a franchi le cap du million de passagers sur ce réseau, ce qui correspond à une augmentation de 14,0% et à un coefficient d'occupation moyen de 87 %, un record.

Enfin, sur le secteur Nord Atlantique et ses trois destinations (New York, Washington et Toronto), Brussels Airlines a encore souffert du niveau 3 de la menace terroriste, avec comme conséquence un impact sur le trafic des Etats-Unis vers et via la Belgique, en particulier durant le premier semestre. Ce n'est qu'ensuite que le trafic a commencé à se rétablir.

Le nombre total de passagers sur ce segment a augmenté de 13,7% et la compagnie s'attend à une amélioration de la performance grâce au contrat récemment signé avec les forces de vente du groupe Lufthansa.

Sur l'ensemble du réseau, l'entreprise belge a transporté 17,3% de passagers en plus et a franchi, pour la première fois de son histoire, la barre des 9 millions de personnes, soit un million de plus que l'ambition initiale de 2018. Elle a atteint un taux d'occupation record de 78,8%.

A noter enfin que Brussels Airlines a recruté 645 nouveaux collaborateurs l'an dernier, dont les 160 membres d'équipage de Thomas Cook Airlines Belgium.