Entreprise Le personnel navigant rejoint le mouvement de grève des pilotes. Toujours pas d’accord avec la direction.

Il n’y a toujours pas d’avancées dans les négociations entre syndicats et direction chez Brussels Airlines, et ce alors que les discussions avaient repris vers 10 h mercredi. Les débats seraient toutefois entrés dans une phase "cruciale" à en croire les représentants des pilotes. La compagnie aérienne a connu son deuxième jour de grève en trois jours. Comme lundi, trois quarts des vols ont à nouveau été annulés, touchant environ 25 000 passagers.

Des points de vue fort éloignés

Hier soir, l’entreprise espérait toujours pouvoir convaincre les représentants des pilotes avec la "proposition substantielle" qu’elle avait mise sur la table des négociations lundi. D’après différentes sources, la direction aurait mis sur la table une proposition d’augmentation de salaire de 2,5 %, un intéressement aux résultats de la compagnie aérienne belge ainsi qu’un plan "cafétéria" donnant différents avantages (smartphones, tablettes…) aux pilotes. Mais les représentants de ces derniers auraient rejeté cette proposition : les points de vue semblent encore fort éloignés entre les deux parties.

Etienne Davignon a confié "ne pas vouloir évoquer l’hypothèse d’une grève" et qu’une telle action n’est "jamais bonne pour la réputation". Selon les syndicats, on est à présent entrés dans une phase "cruciale". Ces derniers s’attendaient à des négociations au finish ce mercredi soir. En cas d’échec, la menace d’une nouvelle grève des pilotes, après celles de lundi et de ce mercredi, serait alors réelle et pourrait intervenir au plus tôt la semaine prochaine.

"Nous avons assez donné"

Et les pilotes ne seront sans doute plus seuls à faire grève : de nombreuses hôtesses et stewards de la compagnie belge ont rejoint le mouvement. La CNE/LBC avait ainsi appelé son personnel navigant à également faire grève. Dans une lettre ouverte diffusée par le syndicat, le personnel de cabine confie avoir "assez donné".

Les stewards et hôtesses estiment qu’il est temps qu’ils bénéficient davantage "de respect et de considération". Plusieurs membres du personnel de cabine ont d’ailleurs rejoint mercredi les pilotes grévistes réunis devant le siège de la compagnie aérienne, à Diegem. "Notre profession semble peut-être glamour car nous faisons le tour du monde et découvrons toutes sortes d’endroits et de cultures", lit-on dans le document diffusé par le syndicat chrétien mercredi et qui s’adresse aux passagers de la compagnie. "Tout comme les pilotes, nous ressentons le fait de ‘voler’ comme une passion et avons beaucoup d’amour pour notre métier. Mais ce travail a un prix élevé de nos jours."

Des emplois menacés pour le personnel au sol

Selon les membres d’équipage qui ont rédigé cette lettre, la charge de travail est devenue intenable et le paquet de tâches à effectuer est toujours plus grand. Les journées de travail durent de plus en plus longtemps et les conventions collectives de travail ne sont pas respectées. Le personnel déplore que la pression soit renforcée alors qu’il serait plus judicieux, selon lui, de permettre aux travailleurs de reprendre des forces afin d’affronter le futur. "Nous sommes exténués", résument les auteurs du document, qui sont affiliés au syndicat chrétien.

Tout comme les pilotes, ils demandent un travail faisable, un meilleur équilibre entre vies privée et professionnelle et des garanties sur le maintien de leur pouvoir d’achat.

La lettre ouverte aborde enfin le sort du personnel au sol, qui "mérite également davantage d’attention". Ces emplois sont en effet les plus menacés par l’intégration de Brussels Airlines au sein du groupe Eurowings.

Les négociations se poursuivent dans la nuit et semblent ne pas vouloir aboutir

Les négociations entre direction et syndicats ont franchi le cap des 12 heures consécutives chez Brussels Airlines mercredi soir, après une journée faite de propositions et de contre-propositions. D'après des sources internes, les interlocuteurs ne semblent pas se diriger vers un accord, alors que la compagnie aérienne a connu son deuxième jour de grève des pilotes depuis lundi. Les discussions avaient repris mercredi matin, vers 10h00, après une première journée de grève et de négociations infructueuses lundi. La direction a fait une proposition, à laquelle ont répondu les syndicats, pour que le management formule à son tour une contre-proposition en fin de soirée.

Celle-ci est actuellement examinée par le conciliateur social et les représentants des pilotes. Une phase qualifiée de "cruciale" par ces derniers. Mais le son de cloche n'a pas l'air optimiste sur la possibilité d'aboutir à un accord sur cette base, entendait-on vers 22H30 au siège de Brussels Airlines.

Dans un tel cas de figure, une nouvelle grève des pilotes pourrait être organisée prochainement, au plus tôt la semaine prochaine, voire dans le courant du mois de juin, afin de tout de même laisser le temps à la négociation. Il faut en effet consulter les pilotes sur la tenue éventuelle d'un arrêt de travail.