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Direction et syndicats des pilotes de Brussels Airlines se retrouveront ce lundi après-midi, dès 13h00, à la table des négociations. La réunion s'avère cruciale car les représentants des pilotes ont promis à ces derniers d'ensuite leur faire un point de la situation. Un préavis de grève est toujours actif et de nouvelles actions ne sont donc pas à exclure si les pilotes ne se retrouvent pas dans les propositions de la direction. Les discussions portent sur une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail avec davantage d'équilibre entre vies privée et professionnelle. Elles ont bénéficié d'un nouvel élan ces dernières semaines, après le blocage de la mi-mai, deux jours de grève et deux tentatives infructueuses de conciliation. Les négociations se sont ainsi poursuivies en toute discrétion.

La semaine dernière, Carsten Spohr avait laissé entendre, en marge de l'assemblée générale annuelle de l'Association internationale du transport aérien (Iata), que Brussels Airlines ne devait pas s'attendre à recevoir de cadeaux tant que la compagnie aérienne n'améliorait pas ses résultats. "Je dis toujours aux syndicats: vous faites ce que vous voulez, mais la compagnie ne grandira que si les résultats suivent. Jusqu'ici les chiffres de Brussels Airlines sont insuffisants pour recevoir de nouveaux avions", avait-il déclaré dans un entretien avec la Libre Belgique.

En réaction, les syndicats avaient fait savoir qu'ils évalueraient la situation ce 11 juin et qu'il n'était pas question de nouvelles grèves avant cela.

Les discussions promettent toutefois d'être encore intenses car ce qui se trouve sur la table actuellement est insuffisant aux yeux des syndicats. "Nous sommes très sceptiques. D'importants progrès doivent encore être enregistrés", a prévenu Anita Van Hoof, de l'aile flamande du Setca (BBTK), à l'entrée de la réunion, qui a lieu au siège de Brussels Airlines, à Diegem.

"Il y a deux semaines, nous pensions qu'il y avait de grandes avancées dans les négociations et nous avions une vue positive", explique la syndicaliste socialiste. Mais, d'après elle, les propositions qui ont été déposées à la fin de la semaine dernière allaient moins loin que celles de l'époque de la précédente consultation des pilotes (qui avait mené aux deux jours de grève à la mi-mai).

Son collègue du syndicat libéral Filip Lemberechts espère lui aussi des avancées ce lundi. "Je pense que tant sur l'équilibre entre vies privée et professionnelle que sur les salaires, un certain nombre de choses doivent encore évoluer. Je crois que l'on pourra trouver des solutions en ce qui concerne les bonus et les salaires variables pour améliorer le pouvoir d'achat des pilotes", a-t-il confié.

"Beaucoup de points sont encore à améliorer", met cependant en garde le responsable de l'aile flamande de la CGSLB. "Il faut trouver un équilibre et présenter quelque chose de défendable aux pilotes ce soir. Espérons que ce sera la cas et qu'ils pourront donner leur bénédiction.".

Paul Buekenhout, de la CNE/LBC, se montre, lui, attentiste. "Nous avons travaillé de façon constructive et en toute discrétion durant deux semaines. L'interview de Carsten Spohr était tout sauf positive, bien au contraire", reconnait-il.

"Un certain nombre de points vont dans le bon sens mais cela doit aboutir à un paquet complet. On ne peut par exemple pas tout changer en deux jours par rapport à la problématique des horaires des pilotes. Mais il faut un engagement clair. Les textes doivent encore être finalisés et puis mis sur papier", insiste-t-il.

Pour ce représentant du syndicat chrétien, la confiance entre les différentes parties est en train de se construire. "Même s'il y a encore beaucoup de distances. Avec les gens autour de la table, je suis convaincu qu'il est possible de construire une relation de confiance sur le long terme.

Mais, tout comme ses autres collègues syndicalistes, il n'exclut pas de nouvelles actions des pilotes. "Nous verrons si cela est suffisant. Des jours de grève ne sont donc pas du tout exclus", prévient-il.