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Les autorités, tous niveaux de pouvoir confondus, ont incontestablement pris conscience du drame économique qui est en train de se jouer dans le centre de Bruxelles. Une batterie de mesures a déjà été annoncée afin de soutenir les différents secteurs qui sont durement frappés par plusieurs facteurs : la chute de l’activité touristique dans la capitale suite aux attentats, les effets du piétonnier et du terrorisme sur la fréquentation du centre et la fermeture du tunnel Stéphanie qui isole les quartiers du Sablon et des Marolles d’une partie de leur clientèle. "La Libre" propose un tour d’horizon de ce qui a été décidé. Et de ce qui sera sans doute insuffisant.

1. Au niveau fédéral. Le ministre en charge des Classes moyennes, Willy Borsus (MR) a annoncé des facilités en matière de payement des cotisations sociales via un statut spécial pour les "secteurs en crise", notamment accordé à l’horeca et au commerce de proximité à Bruxelles. Cette mesure, annoncée l’an dernier, a été étendue aux deux premiers trimestres de 2016. Durant la même période, les indépendants pourront plus facilement ajuster à la baisse leurs cotisations sociales, leurs revenus ayant subitement chuté.

Les fédérations hôtelières ont également demandé à ce que l’Onem étende la reconnaissance des cas de "force majeure" aux attentats, ce qui permet aux employeurs de recourir au chômage économique pour les ouvriers et les employés. Dans un premier temps limitée au seul 22 mars, cette procédure a été étendue à l’ensemble du mois d’avril. "Mais ce sera forcément insuffisant, commente Rodolphe Van Weyenbergh, pour la Brussels Hotels Association. Certains établissements perdent encore quelque 40 % de leur chiffre d’affaires et les exemples à l’étranger ont montré qu’il faut au moins 9 mois avant un retour à la normale. Pour nous la priorité doit être la réouverture complète de l’aéroport."

2. Au niveau de la Région de Bruxelles-Capitale, deux grandes mesures ont été annoncées par le ministre Didier Gosuin (Economie) et le ministre-Président bruxellois Rudi Vervoort. La première consiste en la libération de 12 millions d’euros, qui doivent permettre de compenser les pertes des communes pour l’exemption temporaire de la taxe touristique sur les chambres (City Tax).

Ensuite, la Région propose un "soutien aux trésoreries des entreprises des secteurs affaiblis via un dispositif temporaire de garanties spécifiques par le Fonds de Garantie et d’octroi de crédits de crise par la SRIB". Une première manne de 3,5 millions d’euros est mise à disposition. Ce mercredi, une réunion entre les autorités régionales et les partenaires sociaux pourrait déboucher sur de nouvelles initiatives.

3. A la Ville de Bruxelles. Marion Lemesre, échevine MR en charge du Commerce, est en première ligne. Elle en appelle à la solidarité des Bruxellois et les invite à venir manger dans le centre afin de "freiner ce bashing" comme ce fut le cas à Paris. "Le commerce souffre de l’absence des touristes, mais aussi du fait que les Bruxellois ne viennent plus dans le centre, explique-t-elle. Idem pour les gens de la périphérie. Il faut rétablir la confiance, il faut une empathie à l’égard du centre de Bruxelles."

A son niveau, pour restaurer l’image du centre, elle mise notamment sur l’événementiel qui sera, à l’avenir, davantage greffé sur le tissu commercial local. Elle promet également un effort de taille en matière d’illumination mais enfonce le clou pour ce qui concerne le piétonnier. "Je plaide pour une amélioration des accès, répète l’échevine, notamment dans le quartier Sainte-Catherine. Les analyses sont là, il y a une réalité de terrain que l’on ne peut ignorer. Il faut impérativement une meilleure communication." L’échevine réclame également une meilleure gestion de la sécurité et de la mendicité sur le piétonnier. "Nous vivons une crise grave, dit-elle. Les pertes d’emplois sont réelles et 600 dossiers d’entreprises en difficultés ont été enregistrés au tribunal de commerce de Bruxelles."