Entreprise Comme nous l'évoquions mercredi, des planteurs de betteraves sucrières veulent créer une troisième sucrerie en Belgique, sur le mode d'une coopérative, en utilisant les techniques industrielles les plus modernes et les plus durables. Si cette initiative à 300 millions d'euros aboutit (on le saura avant la fin de l'année), c'est sur la commune de Seneffe qu'il s'implantera, ont révélé à "La Libre" les porteurs de projet.

Pourquoi Seneffe ? "La commune est au centre de la zone betteravière, ce qui permettra de raccourcir les distances d’approvisionnement qui pèsent sur l’environnement et sur les coûts", indique Jean-François Gosse, administrateur délégué d'Innovity, un cabinet de conseil en stratégie, qui a aidé les planteurs à monter le projet. "Le terrain est au plus proche d’un accès à l'autoroute et d'autres axes routiers importants, en évitant tout passage à proximité d’habitations pour permettre un approvisionnement de l'usine 24h/24 et 7 jours/7, avec un minimum de nuisances, durant les 100 jours de la campagne sucrière. De plus, le site est en connexion avec des solutions multimodales de transport, beaucoup plus respectueuses de l’environnement et parfois moins coûteuses, pour que certaines matières approvisionnées par la sucrerie en volumes très importants (pierres calcaires) puissent être acheminées par voie d’eau jusqu’à un quai à proximité de l’usine. Et aussi que le sucre destiné à l’exportation puisse être expédié en vrac par container (ce qui devient la norme pour l'exportation) par voie d’eau et/ou par chemin de fer", poursuit-il.

Les terrains où s'implanterait la possible troisième sucrerie appartiennent en partie à l'IDEA (Intercommunale de développement économique et d'aménagement du Coeur du Hainaut). "Ils ont été réservés via des options d’achat, et le projet a déjà fait l’objet d’une présentation à la bourgmestre de Seneffe ainsi qu'au fonctionnaire délégué, dans le cadre d’une "réunion de projet", tel que le prévoit le nouveau CoDT entré en vigueur le 1er juin", annonce encore Jean-François Gosse.

Le projet a été baptisé "Serres", du nom d'Olivier de Serres, un agronome français qui fut le premier à travailler l’extraction du sucre à partir de la betterave en 1600. Il se veut résolument sectoriel, ce qui veut dire que la participation à la future coopérative sucrière sera ouverte à tous les planteurs belges.