Entreprise

La bataille de l’Américain Kraft pour le rachat du Britannique Cadbury pour 11 milliards d’euros environ pourrait bien se transformer en guerre planétaire de la confiserie, avec l’annonce mercredi par l’Américain Hershey et l’Italien Ferrero de leur possible intérêt à un rachat. Après des articles dans la presse, Hershey et Ferrero ont publié en même temps deux communiqués laconiques et prudents à la Bourse de Londres. Ferrero a "confirmé qu’il était au stade préliminaire d’une évaluation de ses options par rapport à Cadbury". Hershey a dit "passer en revue ses options". Mais tous deux insistent sur le fait qu’il ne peut actuellement "y avoir de certitude" qu’une proposition concernant Cadbury suivra. Bien qu’ils ne fassent aucune allusion l’un à l’autre, Hershey, qui se dit "le plus gros producteur de chocolat de qualité aux Etats-Unis", et Ferrero, l’inventeur du Nutella et propriétaire d’autres marques comme Kinder, Tic Tac, Mon Chéri et Ferrero Rocher, songent à faire une offre commune, à en croire le "Wall Street Journal" (WSJ). Le journal assure que le directeur général de Hershey David West s’est entretenu avec les banquiers de Ferrero "au moins à deux reprises" ces deux dernières semaines. Les deux groupes sont de toute façon beaucoup plus petits que Cadbury, malgré un chiffre d’affaires similaire pour Ferrero, et devraient sans doute s’allier pour le racheter.

Cette arrivée concomitante de deux honorables chevaliers blancs permet en tout cas à Cadbury de renforcer sa position, déjà jugée très solide par les analystes, face à Kraft. Cadbury (Carambar, Kréma, Kiss Cool, Hollywood, Stimorol, Poulain) a refusé tout net le 9 novembre l’offre de rachat en numéraire et actions de Kraft, qu’il a qualifiée de "dérisoire". Il faut dire que Kraft s’est contenté de présenter une offre hostile rédigée exactement dans les mêmes termes qu’une proposition informelle formulée quelques semaines plus tôt, et déjà repoussée par Cadbury. Elle valorisait mardi Cadbury à 7,26 livres par action, soit 9,9 milliards de livres. Selon le calendrier des fusions britanniques, Kraft (Milka, Côte d’Or, Suchard et Toblerone) a jusqu’au 22 janvier pour publier une offre supérieure. Un porte-parole de Cadbury a rappelé mercredi que son groupe "avait toujours dit qu’il examinerait soigneusement toute offre sérieuse qui apporte sa pleine valeur à l’entreprise", mais "qu’à moins de se trouver dans cette situation, et jusqu’à ce qu’elle s’y trouve, elle n’avait pas d’autre commentaire à apporter". Il a indiqué au contraire que Cadbury "se préoccupait d’apporter de la valeur aux actionnaires en tant que confiseur indépendant". (AFP)