Entreprise

On espérait la conclusion d'un plan social jeudi soir ou plus tard dans la nuit mais ce ne sera pas le cas. La direction et les syndicats de Carrefour se sont quittés vendredi vers 4h30 sur un échec total, selon la CNE.

Les discussions avaient débuté jeudi à 9h30, pour la première fois dans un hôtel, lieu neutre sans doute jugé propice pour engager des négociations au finish.

Les deux parties ont tenté de s'accorder sur le plan de départ des 1233 employés dont les postes de travail devraient être supprimés par le groupe.

"Les points de vue restaient encore fort éloignés sur les économies à réaliser et donc la négociation s'est achevée sur un échec", signalait le syndicat chrétien à l'aube.

Ce qui coince ? Si les discussions ont pu avancer sur les conditions départs en RCC (prépension), celles des départs volontaires et l'option du crédit-temps fin de carrière pour les employés âgés d'au moins 55 ans, il subsiste des blocages sur le cas des malades de longue durée et certaines conditions financières de sortie.

Une autre piste pour éviter les licenciements secs, c'est la mutation interne mais cette question n'a pas encore été abordée dans les négociations. Et même si la direction de Carrefour n'a jamais privilégié les licenciements, cette option (la ligne rouge pour les syndicats) n'est pas définitivement écartée.

Sur d'autres points, aucun accord n'a été trouvé : élargissement des heures d'ouverture des magasins ou travail du dimanche.

"Nous attendons ce vendredi un contact téléphonique de la direction aux organisations syndicales. Ensuite, nous verrons si cela permet une reprise des discussions", précise le permanent CGSLB Tom Van Droogenbroeck.

La CNE examine ce qui est sur la table en intersiège dès 10h30 puis les informations seront relayées dans les magasins. Le syndicat socialiste Setca organise lui aussi des assemblées du personnel.

Le permanent syndical CNE Manuel Gonzalez craint que les propositions de la direction remettent le feu aux poudres au niveau du personnel. "Des débrayages dans les magasins ne sont pas à exclure dès lundi", prévient-il.

Aucune nouvelle date pour un conseil d'entreprise n'a été fixée. Le statu quo pourrait perdurer jusqu'à début juillet, ce qui annulerait l'objectif des syndicats de conclure un plan social avant les grandes vacances.