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Le vice-Premier ministre Alexander De Croo (Open VLD) n'est "pas convaincu" par les prépensions à 56 ans dont pourrait bénéficier le personnel de Carrefour. 

Il appelle son collègue fédéral de l'Emploi, Kris Peeters (CD&V), et le ministre flamand Philippe Muyters (N-VA) à ne plus se renvoyer "la patate chaude" et à tout mettre en œuvre pour accompagner les travailleurs concernés vers un nouvel emploi, à l'heure où certains secteurs connaissent des pénuries de main-d'œuvre. Les syndicats et la direction de la chaîne de grands magasins Carrefour ont conclu un accord social qui prévoit le recours au chômage avec complément d'entreprise (forme actuelle de la prépension) à partir de 56 ans. La N-VA appelle M. Peeters à refuser cette solution. De son côté, le ministre CD&V renvoie à son homologue flamand qui doit rendre un avis sur la proposition, lequel fait remarquer que sa compétence se limite à l'outplacement.

Par communiqué, la CNE a réagi en appelant le gouvernement "à respecter les dispositions légales en matière de prépension". "La CNE appelle à respecter les termes de cet accord qui ne fait qu'appliquer la législation en vigueur et dispense la Sécurité sociale d'assumer une partie du poids de la restructuration", souligne le syndicat chrétien.

Ce dernier rappelle également que ces travailleurs ne sortent pas réellement du marché du travail "comme le laisse sous-entendre certains partis du gouvernement. En effet, ceux-ci seront soumis au régime de disponibilité adapté. Ils devront répondre aux offres d'emploi ou de formation transmises par les services régionaux pour l'emploi (FOREM, VDAB, ACTIRIS) et s'inscrire dans un parcours d'accompagnement."

La CNE précise encore "qu'à défaut de prépension, les travailleurs seront purement et simplement licenciés ce qui reporte le coût de la restructuration entièrement sur la Sécurité sociale".