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Carrefour a annoncé mercredi la signature de "deux accords majoritaires" avec les syndicats, l'un relatif à un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE), l'autre à un plan de départs volontaires (PDV).

Le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, avait annoncé fin janvier la suppression de 2.400 postes dans les sièges, via un plan de départs volontaires, ainsi que la sortie du groupe, par cession ou fermeture, de 273 ex-magasins Dia, avec pour conséquence un plan social pour 2.100 salariés.

La mise en oeuvre des accords est prévue au 1er juillet, après validation de l'administration du travail, a précisé le géant français de la distribution dans un communiqué.

Le premier accord relatif au plan de sauvegarde de l'emploi, signé par Force ouvrière (FO), la CGC et la CFTC, "est destiné à permettre le reclassement, principalement en interne, du plus grand nombre de salariés concernés", explique la direction.

Il concerne les salariés des magasins de proximité ex-Dia, que Carrefour avait acquis en 2014 puis mis en vente "en raison de leur perte structurelle de chiffre d'affaires" et "pour lesquels aucun repreneur n'aura été trouvé d'ici fin juin", précise le groupe.

Chaque salarié "se verra proposer trois offres valables d'emploi, dont au moins deux au sein du groupe Carrefour, le plus proche possible de leur domicile", détaille la direction.

"On est allé jusqu'au bout de la négociation" pour parvenir à des avancées, par exemple concernant "le triplement" de la somme proposée pour la formation des salariés, a réagi Michel Enguelz (FO, 1er syndicat). De plus, sur le reclassement, il y a "un engagement de l'entreprise à atteindre un objectif de 100% des salariés qui le souhaitent", se félicite-t-il.

Au contraire, la CFDT (2e) n'a pas signé cet accord car elle estime que la direction ne montre pas une "vraie volonté de reclasser les gens". Sylvain Macé (CFDT) s'est dit "très sceptique sur le mécanisme de reclassement" proposé, "pas assez détaillé et encadré" selon lui.

Ces salariés sont par ailleurs "beaucoup plus fragiles en termes de rémunération et d'employabilité" que ceux des sièges, pointe M. Macé.

Mesures financières 

Le deuxième accord sur les départs volontaires a lui été approuvé par la CFDT, ainsi que FO, la CFE-CGC et la CFTC, rapporte Carrefour. Il prévoit un accompagnement des salariés qui souhaiteraient "réaliser un projet personnel (...) sous la forme d'un emploi salarié ou de la création d'une entreprise", ainsi que des départs anticipés à la retraite.

Il comprend des "mesures financières d'accompagnement" supérieures à "celles prévues dans les conventions collectives et les accords d'entreprise", met en avant le groupe.

Les négociations avaient commencé fin février.

La CGT (3e) avait de son côté décidé de ne pas y participer "pour contraindre la direction à ne licencier personne", a rappelé Philippe Allard (CGT), dénonçant "deux accords négociés au rabais".

FO et la CFDT avaient appelé à un mouvement de grève le 31 mars, en plein week-end de Pâques, pour demander "un vrai partage des richesses". Il avait touché au moins 300 hypermarchés et supermarchés.

Cette mobilisation a "évidemment" permis de peser dans les négociations, notamment sur "les derniers montants d'indemnité, qui ont été obtenus après", fait valoir M. Enguelz.

A l'issue de la grève, déclenchée après l'annonce d'une participation de 57 euros en moyenne, les salariés de Carrefour avaient également obtenu un complément d'intéressement de 350 euros et un bon d'achat maison de 150 euros pour un salarié à temps complet.