Entreprise On a appris à bonne source jeudi soir que des arrestations ont eu lieu mercredi dans le cadre de l'enquête sur le spectaculaire et audacieux vol de 500 tonnes de cuivre dans un haut-fourneau à l'arrêt d'ArcelorMittal à Ougrée (Seraing).

ArcelorMittal évoque d'ailleurs l'arrestation de quatre personnes dans un mail interne que nous avons pu nous procurer.

"La direction d’ArcelorMittal Belgium a été informée ce jeudi qu’une perquisition avait été menée au domicile d’un membre du personnel et qu’il avait été emmené par la police le mercredi 22 novembre. Il serait actuellement en détention, ainsi que trois autres personnes ayant des liens avec ArcelorMittal Belgium."

Le parquet de Liège confirme vendredi la mise sous mandat d'arrêt de quatre personnes travaillant au démantèlement des sites d'ArcelorMittal. D'autres sources évoquent également l'arrestation d'une personne extérieure à l'entreprise, active elle aussi sur les chantiers de démantèlement des usines liégeoises du groupe sidérurgique. Ces individus nient les faits et passeront lundi en chambre du conseil où un magistrat décidera de la prolongation ou non de leur privation de liberté. Rappelons que la présomption d'innocence reste de mise dans cette affaire.

Ce vol concerne 252 plaques de refroidissement en cuivre (appelées staves) qui tapissent la cuve du haut-fourneau. Leur valeur à la revente est estimée environ 3 millions d'euros. ArcelorMittal avait déposé une plainte en mars 2016 mais avait tu le vol jusqu'à ce que nous le révélions. La police de Seraing puis la police judiciaire fédérale de Liège avaient mené l'enquête et un dossier était ouvert au parquet de Liège.

La disparition des staves s'était faite sans témoin apparent, puisqu'elle n'avait été découverte qu'en début d'année, alors que le vol avait dû probablement avoir lieu plusieurs années auparavant. Et l'écoulement des plaques avait dû prendre des mois.

Le parquet de Liège précise vendredi que le vol des staves a dû être commis fin 2015 et que le butin n'a pas été retrouvé.

Très rapidement après la révélation de ce vol impressionnant, des sources proches du dossier avaient évoqué la nécessité de complicités internes au sein d'ArcelorMittal Liège et d'une solide logistique pour extraire et acheminer les staves de deux tonnes chacune hors de l'usine.

Pour le président de délégation de la CNE à ArcelorMittal Liège, ces arrestations de travailleurs d'ArcelorMittal actifs dans le démantèlement "ne sont pas une surprise. J'étais persuadé que le vol aurait été impossible à commettre sans complicités internes", déclare Pascal Filippozzi. "Cela me dégoûte que des personnes qui devaient veiller sur les outils mis sous cocon par ArcelorMittal soient devenus les violeurs de tombes des sidérurgistes d'hier", ajoute le syndicaliste.