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C’est quelqu’un de parfait". Sourire aux lèvres, Astrid Viellevoye, responsable du recrutement Benelux pour le Club Med, condense en un seul qualificatif le profil des Gentils Organisateurs du Club Med. Si le ton est à l’humour, il n’en souligne pas moins ses attentes très claires au sujet de ceux qui sont la marque de fabrique du Club, sa griffe dans un secteur où les vacances "all-inclusive" sont devenues une norme. Rien qu’en Belgique, près de 2 000 personnes postulent annuellement pour devenir GO. Entre 150 et 200 satisfont aux critères et découvrent alors pour de vrai le job de Gentil Organisateur. Loin derrière la France, la Belgique est le plus gros fournisseur de GO, avec 6 % du total. Mais c’est quoi, être un GO ? La planque au soleil, collier de fleurs et fêtes à gogo, ou bien l’idéal de l’amabilité et de la disponibilité sept jours sur sept poussé à son paroxysme ?

Pour l’heure, onze candidats se présentent à la session de recrutement. Entre 18 et 25 ans pour la plupart, ils viennent de toute la Belgique. Côté garçons, on postule pour être GO en charge du bar. "Où c’est assez intense", glisse Astrid Viellevoye. Côté filles, c’est l’animation des petits qui tient la corde. Une répartition des postes assez sexuée... "Nous cherchons tout particulièrement des profils néerlandophones, même si la langue véhiculaire au Club reste le français", explique Astrid Viellevoye. Pourquoi ce "focus Flandre" ? Pour des raisons commerciales : le Club cherche à y développer sa clientèle. La moitié des postulants du jour répond à cette volonté.

Passé les films vendant la philosophie maison, la règle devient : une personne avertie en vaut deux. "Les GO ne doivent pas s’attendre à du grand luxe", prévient le recruteur. Ou en tout cas pas le même que les vacanciers, puisqu’ils partagent leur chambre avec un collègue. En France, leur temps de travail est de 39h "de service" par semaine, contre 44h au Maroc, par exemple. "De service" ? "Il arrive souvent qu’une journée démarre à 7h et finisse après minuit. Le GO participe à toute la vie et aux animations du village, et combine donc un savoir-être au savoir-faire", précise Astrid Viellevoye. Pour le Club Med, tout est là : en quête d’un positionnement haut de gamme, le savoir-être devient aussi capital que les compétences techniques. Disponibilité, souplesse, sourire, proactivité, multiculturalité : la liste des qualités souhaitées est longue. "Je vous fais peur exprès", enchaîne Astrid Viellevoye en détaillant une journée de type "bien remplie". Le cliché des vacances payées en prend un coup Parmi les postulants, on oscille entre perplexité et envie. "Je ne veux pas débuter en station de sports d’hiver", précise l’un d’entre eux. Pas de bol, les GO débutent tous en Europe ou en Afrique du Nord, et les chances de démarrer en montagne sont nombreuses.

Côté salaire, le GO, toujours engagé à durée déterminée, empoche 882 euros nets par mois. Du brut (près de 1 500 euros), il faut déduire 2 € par jour pour le logement et 7,5 € pour les repas. Des onze candidats du jour, personne ne renonce à poursuivre l’aventure. "C’est un rêve depuis longtemps. Mais ce sera dur, c’est sûr", confie l’une d’entre elles, âgée de 25 ans. "C’est une entreprise saine, où le sport a une grande place, sans compter les perspectives de voyage", confie un autre, originaire d’Anvers. Paroles de futurs GO ?