Entreprise

Remise des prix d'un genre particulier ce samedi matin au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles: en présence de la reine Fabiola, 200 lauréats, cadets et doyens du travail, anonymes pour la plupart, vont être mis à l'honneur à l'initiative de l'Institut royal des élites du travail de Belgique Albert Ier qui fête en 2004 ses cinquante années d'existence. Une tradition désuète? «Pas du tout. Nous avons des idées, des valeurs et surtout une vision non poussiéreuse du travail. Notre activité est passionnante et proche des gens», affirme Martine Voets, directrice générale de l'Institut depuis trois ans, qui mène avec sa petite équipe un important travail de rénovation au sein de l'une des dernières institutions nationales.

«Alors que la gestion des ressources humaines évoluait très rapidement, l'Institut n'a pas suffisamment saisi la balle au bond. Mais aujourd'hui, nous sommes d'attaque», dit-elle.

Compétences et éthique

Si la tradition des distinctions honorifiques remonte loin dans l'histoire -dès 1930, des expositions nationales du travail mobilisaient des milliers de travailleurs sur la plaine du Heysel-, l'Institut des élites du travail, créé en 1954, entend récompenser, des ouvriers aux cadres supérieurs, la motivation personnelle, l'éthique et les compétences, la capacité d'apprentissage, la transmission du savoir- faire aux plus jeunes, l'engagement social, etc.

A ce titre, les insignes d'honneur du travail décernés par l'Institut ne doivent pas être confondus avec les distinctions honorifiques décernées de façon automatique et selon des critères d'ancienneté par le service public fédéral Emploi, Travail et Concertation sociale. Ici, la démarche est volontaire. Les candidats, le plus souvent invités à se manifester par leur entourage professionnel (employeur, syndicats, collègues, etc.) doivent démontrer qu'ils ont le profil adéquat et les compétences professionnelles requises. «Ils sont souvent modestes, craintifs mais révèlent vite une véritable richesse humaine», souligne MmeVoets.

La procédure d'octroi des distinctions est gérée par un comité national organisateur composé de partenaires sociaux concernés (distribution, construction, travail intérimaire, etc.) Chaque secteur entre en ligne de compte, en moyenne tous les cinq ans, et le processus dure environ deux ans. Les candidats qui ont déposé un dossier participent à des entretiens et des épreuves. La nomination se fait par arrêté royal. Les titres et insignes d'honneur sont divers: étoile de cadet du travail, insigne de bronze de lauréat, insigne d'honneur d'argent ou d'or.

3410 candidats en 2003

L'Institut couronne aussi des doyens d'honneur du travail proposés par leurs pairs ainsi que des doyens d'honneur du travail honoris causa. Une dizaine de personnalités se sont vues attribuer cette distinction: Ilya Prigogine, Alexandre de Mérode, Soeur Léontine, Anne Teresa De Keersmaeker, José Van Dam, etc. Il n'y en aura pas ce samedi.

A ce jour, plus de 140000 travailleurs ont reçu un insigne d'honneur dont près de 10000 d'or, 25000 d'argent et 98000 de bronze. L'Institut dénombre aussi 9000 cadets et 3000 doyens d'honneur. En 2003, les procédures en cours ont concerné des secteurs aussi divers que le commerce en alimentation, les entreprises d'assurances, la construction, le bien-être au travail, la coiffure, l'industrie graphique, etc.

Il y a eu au total 3410 candidats qui ont nécessité 77 réunions des comités nationaux organisateurs et 90 sessions d'entretiens, sans compter les 7 cérémonies de remise d'insignes auxquelles ont assisté plus de 2000 personnes. «L'Institut constitue un réservoir inestimable de talents qui trouvent grâce à lui une reconnaissance méritée. Nous comptons mieux le faire savoir à l'avenir afin d'en faire bénéficier les jeunes et l'ensemble de la société», conclut Martine Voets.

Rue des Poissonniers, 13, 1000 Bruxelles, tél.: 02.514.18.58.

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© La Libre Belgique 2004