Ceci n'est pas une camionnette!

Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Il a la couleur d'un utilitaire, la fiscalité d'un utilitaire, il est homologué comme véhicule utilitaire, mais il n'a d'utilitaire que le nom. «Il», c'est notamment, le Chrysler Voyager dont la publicité dédiée à l'occasion du Salon de l'auto affirme que le fisc belge le considère comme une vulgaire camionnette. Or, ni le prix, ni la motorisation, ni le confort de cet engin, ne permettent de le confondre avec les bruyants camions tôlés qui ne servent qu'aux transports de marchandises. Ici, on est dans un véhicule qui a tout d'une berline de luxe sauf son environnement fiscal.

Tout ou... presque rien!

Un exemple? Prenons un de ces véhicules - tous les constructeurs sont susceptibles d'en proposer, taillés aux normes belges. Choisissons l'engin doté d'un moteur de 3,5 litres de cylindrée et 17 chevaux fiscaux. S'il s'agit d'une berline au sens fiscal du terme, la taxe de mise en circulation sera de pratiquement 5000 euros. La taxe de roulage annuelle tournera autour de 900 euros. Soit, rien que pour faire démarrer la bête, pas loin de 6000 euros, en tenant compte des frais d'immatriculation...

Et si le véhicule était homologué comme utilitaire? Prenons son poids maximal admis, un peu moins de deux tonnes et demi, qui nous permet d'évaluer à un peu moins de 100 euros la taxe de roulage annuelle. Soit un dixième de la taxe de roulage d'un véhicule équivalent considéré comme voiture privée. Et la taxe de mise en circulation, direz-vous? «Il n'y en a pas pour les véhicules utilitaires», nous explique un spécialiste du secteur automobile.

Utilitaire à 30pc!

Quelles sont les conditions pour qu'un véhicule un peu spacieux soit considéré comme un utilitaire? «Il y a quelques conditions techniques introduites récemment dans le droit belge suite à la transposition d'une directive européenne», nous explique Philippe de Leener, journaliste spécialisé dans le domaine automobile. «Il faut, principalement que la zone de chargement soit supérieure à 30pc de l'empattement (distance entre les deux essieux) du véhicule.» Il faut aussi que les vitres arrière soient opacifiées, ce qui se fait aujourd'hui à l'aide de panneaux publicitaires... n'entravant en rien la vision des passagers. «Il faut aussi que la zone destinée au transport de personnes soit limitée par une cloison de celle destinée au transport de choses. Mais, qu'est-ce qu'une cloison? Et que penser des possibilités d'aménagement des véhicules actuels avec leurs sièges escamotables?», s'interroge encore un spécialiste du monde automobile. «Cet environnement particulier permet à des constructeurs comme Chrysler, Jeep, mais aussi VW avec le Touareg ou Porsche avec la Cayenne, de vendre facilement des véhicules dont le prix dépasse les 40000 euros», rappelle encore Philippe de Leener.

© La Libre Belgique 2004

Patrick Van Campenhout

Facebook

Ailleurs sur le web

Les + consultés de la semaine

cover-ci

Cover-PM