Entreprise Après le ministre Van Overtveldt, la secrétaire d’Etat Cécile Jodogne ira à Londres pour un séminaire consacré au monde de la finance.

Vendre Bruxelles à des hommes d’affaires ou banquiers britanniques qui pourraient vouloir s’installer à Bruxelles à cause du Brexit. La secrétaire d’Etat bruxelloise en charge du Commerce extérieur, Cécile Jodogne (Défi), a pris cette mission à bras-le-corps. Le prochain déplacement qu’elle fera à Londres aura lieu le 30 mai pour un séminaire spécialement consacré au secteur financier. Elle travaille en partenariat avec le bureau d’avocats Clifford Chance et les consultants PWC, KPMG, Deloitte, qui inviteront leurs clients actifs dans ce secteur.

Elle ne sera pas accompagnée du ministre fédéral des Finances, Johan Van Overtveldt (N-VA), qui a fait le déplacement début mai en compagnie du vice-gouverneur de la Banque nationale, Pierre Wunsch et du président de la FSMA (l’autorité des services et marchés financiers), Jean-Paul Servais. Leur objectif était de vendre aux grands membres des Lloyd’s, le plus grand marché d’assurances et de réassurance au monde, les atouts de Bruxelles en tant que centre financier.

Trente mille lobbyistes

En plus des arguments habituels (capitale de l’Europe, main-d’œuvre qualifiée, etc.), le ministre des Finances a mis en avant la qualité de la régulation du marché. Interrogé sur l’impôt des sociétés, il est resté très vague. On sait que sa réforme, avec notamment une baisse du taux nominal (actuellement de 33,99 %), n’avance pas beaucoup. Il a quand même déclaré qu’il espérait pouvoir présenter un projet pour juillet.

Quant à la secrétaire d’Etat bruxelloise, elle avancera le coût de l’immobilier avantageux, la localisation de Bruxelles (avec l’Eurostar) mais aussi un environnement favorable aux affaires et la collaboration avec les régulateurs. Elle met aussi l’accent sur les institutions européennes, qui occupent à Bruxelles 37 000 personnes.

"Bruxelles est l’endroit par excellence pour ceux qui veulent influencer les régulations et les lois qui façonnent le marché unique européen, ses accords commerciaux internationaux ainsi que son comportement économique et commercial. Avec 30 000 lobbyistes, Bruxelles est, après Washington, la ville avec la plus grande concentration d’influenceurs en matière de législation et d’affaires, ce qui en fait un centre décisionnel stratégique", explique-t-on au cabinet de la secrétaire d’Etat .

Pas de campagne de promotion

Cette dernière n’a toutefois pas voulu faire des campagnes de promotion adressées au grand public, comme l’ont fait d’autres grandes villes. Son cabinet a préféré identifier des secteurs. C’est ainsi qu’une mission est prévue en octobre, destinée au secteur de la production cinématographique.

Jusqu’à maintenant, seule la société d’assurances Lloyd’s a annoncé officiellement son intention de s’implanter à Bruxelles. L’installation d’un hub européen est prévue début 2019, avec quelques dizaines d’emplois dont une partie se fera par des recrutements locaux.

Toute la question est de savoir si Lloyd’s pourrait faire des émules. Il se dit que les autorités belges seraient en discussion avec un important assureur.

Vendre l’attrait de Bruxelles est bel et bien un travail de longue haleine.



Le Luxembourg séduit déjà

Atouts . La place financière luxembourgeoise semble déjà séduire les acteurs de la City. AIG, leader mondial de l’assurance, J.P. Morgan ou encore le gestionnaire d’actifs M&G ont en effet déjà fait part de leur intention d’y repositionner une partie de leurs activités, pour assurer la continuité de leur développement sur le continent. Les autorités luxembourgeoises n’entendent cependant pas mener des démarches de séduction appuyées et préfèrent jouer la carte de la coopération. "Luxembourg a toujours été un partenaire privilégié de Londres", insiste le ministre des Finances, Pierre Gramegna. "Au-delà du Brexit, nous voulons pouvoir maintenir de bonnes relations avec cette place financière de choix et ses acteurs. Demain, il apparaît évident que certains pourraient être amenés à envisager autrement leur accès au marché unique. Le Luxembourg peut les aider à y accéder." Premier centre de domiciliation et d’administration des fonds d’investissement en Europe, le Luxembourg mise sur ses atouts intrinsèques pour séduire : sa stabilité politique, économique et sociale ainsi que, surtout, son caractère international. Si nos voisins préfèrent s’inscrire dans le prolongement de Londres, c’est aussi parce que, vu la taille du pays, ils ne sont pas en mesure d’accueillir des emplois par milliers. Luxembourg privilégie l’accueil d’activités avec une réelle substance, en lien avec ses ambitions, dans le domaine de la gestion des fonds et dans la FinTech, principalement. S.L. , à Luxembourg