Entreprise

Le grand économiste britannique John Maynard Keynes préconisait l’exécution de travaux publics pour sortir d’une crise économique. Il est largement suivi aujourd’hui, au bénéfice de firmes comme la Compagnie d’Entreprises CFE. Celle-ci est en moins bonne position dans ses activités secondaires telles que la construction privée et l’immobilier. Mais ce n’est pas ça qui risque de freiner vraiment son essor.

Disons, quand même, qu’un élément d’incertitude plane du côté des Emirats du golfe arabo-persique, où l’entreprise est active. Il y avait là des clients en or, qui, aujourd’hui, sont eux aussi affectés par la crise. L’analyste de KBC Securities Wouter Vanderhaeghen souligne que des projets de grande envergure ont été là soit remis à plus tard, soit amputés.

Les actionnaires auront l’occasion de poser toutes questions utiles lors de l’assemblée générale extraordinaire convoquée pour vendredi prochain 3 avril. Sans doute, s’intéresseront-ils plus à la situation qu’à l’ordre du jour formel de la réunion, qui traite de rachat d’actions propres et toilette quelque peu les statuts.

Dans les pays émergents

CFE est bien positionnée dans les pays émergents, même si le Benelux reste son principal champ d’opérations. Sa politique des dernières années a été de prendre des participations dans des projets de développement. La société gâte ses actionnaires par le rachat d’actions propres. La rumeur a circulé à plusieurs reprises d’une OPA par son principal actionnaire, la firme française de grands travaux Vinci. Mais on voit mal quel serait l’intérêt de cette dernière à le faire.

En aval, CFE possède une participation de 50 pc dans l’entreprise de dragage DEME. Les 50 pc restants sont détenus par le holding Ackermans&van Haaren.

Sur 5 analystes financiers, 2 recommandent d’acheter CFE, 1 d’en accumuler les titres et 2 de conserver. Aucun ne propose de réduire, ni de vendre.

Du début de 2003, où il atteignait environ 9 euros, le cours de CFE est passé à un sommet de 76,67 euros en octobre 2007, avec une forte accélération à partir de 2005. Puis, avec la crise, il est retombé à un minimum récent de quelque 17 euros.

Cette évolution est assez bien calquée, avec un coefficient multiplicateur, sur celle du bénéfice net par action. Après un déjà excellent exercice 2006, celui-ci est passé de 3,11 euros cette année-là à 4,77 euros en 2007 et 5,34 euros en 2008 - ceci malgré un arrêt des travaux de dragage par DEME à Dubaï.

Pour l’exercice en cours 2009, le consensus des analystes prévoit un retour en arrière à 4,98 contre 5,34 euros. Un élément négatif, mais étranger à l’exploitation, est une perte sur une opération financière de couverture, un swap sur le cours du pétrole. L’immobilier est également un facteur de risque. Mais l’importance de ces éléments est limitée. La direction s’attend à un chiffre d’affaires comparable à celui de 2008.