Entreprise Après 16 ans de bons et loyaux services, Bernard Deryckere cède sa place à Sven Lamote, déjà actif chez Alpro.

Bernard Deryckere, actuel PDG d’Alpro à la tête de la société depuis 16 ans, cède sa place et remet ses responsabilités de gestion à Sven Lamote." La nouvelle a été annoncée mercredi soir à la seule presse flamande. La raison invoquée pour ce changement au sommet de la société ? En gros, il s’agit d’accélérer la croissance. D’après les termes du communiqué, "Sven Lamote aura pour tâche de préparer les activités végétales d’Alpro vers une nouvelle étape de croissance". Et plus loin : "Danone souhaite accélérer l’élan en combinant l’expertise d’Alpro et la distribution et l’empreinte géographique de Danone en Europe ainsi qu’au-delà des principaux marchés actuels d’Alpro. Afin d’aider à réaliser cette ambition, Sven Lamote, Vice President Customer Development d’Alpro depuis 2014, sera nommé nouveau directeur général d’Alpro pour guider l’entreprise vers une nouvelle étape de sa croissance et pour proposer un choix plus large aux consommateurs, toujours plus nombreux à apprécier l’alimentation végétale."

C’est en juillet 2016 que Danone annonçait qu’il rachetait WhiteWave et, par la même occasion, avalait Alpro. Alpro, c’est ce pionnier européen des aliments végétaux, et du soja à l’origine, qui est né au sein du groupe Vandemoortele en 1980. L’idée de départ : "Et si on arrivait à transposer les bienfaits du soja en un aliment aussi polyvalent que ‘le lait’ ?".

En 2009, Alpro est vendu au groupe américain Deanfoods, actif dans les produits laitiers. Trois ans plus tard, le groupe sortait ses marques à base de protéines végétales (dont les belges Alpro et Provamel, les marques d’Alpro, mais aussi les américaines Silk, Delight, etc.) et créait The WhiteWave Foods qu’il mettait en Bourse de New York. La séparation avec la société mère a lieu en 2013.

Six mois après le rachat

Le rachat par le géant agroalimentaire français Danone, annoncé en juillet 2016, est finalement bouclé en avril 2017. Et un peu plus de six mois plus tard, on apprend donc que le patron d’Alpro, 59 ans, s’en va. La décision est prise "de commun accord", dit-on chez Alpro. Pas de commentaires du côté de Bernard Deryckere que "La Libre" a tenté de contacter. Pas davantage de réponse chez Danone. D’aucuns parlent de désaccords entre le patron d’Alpro et Danone, de relations tendues...

Bernard Deryckere est à la tête d’Alpro depuis 2001, après avoir débuté sa carrière chez Henkel et l’avoir poursuivie chez Unilever. C’est lui qui a accéléré le développement à l’international, a boosté le chiffre d’affaires et multiplié les effectifs.

Passage de témoin fin novembre

Aujourd’hui, Alpro, qui s’est diversifié dans les produits à base d’amandes, de noisettes et autres, est présent dans 54 pays, en Europe surtout. Ses gros marchés sont la Belgique, mais aussi la France, la Hollande, le Royaume-Uni et l’Allemagne. L’entreprise, qui dispose de trois sites de production, en Belgique (à Wevelgem), en France et outre-Manche, emploie plus de 1 200 personnes en Europe. En 2016, elle a enregistré un chiffre d’affaires, en hausse, de 555 millions d’euros.

"Après la fusion, Bernard a également facilité l’intégration d’Alpro au sein de Danone, créant le bon environnement pour accélérer le développement de produits végétaux", souligne encore le communiqué.

Le passage de témoin entre Bernard Deryckere, ex-président de la Fevia, la fédération de l’industrie alimentaire, et Sven Lamote aura lieu fin novembre.