Changes : la Chine dit non au G7 et au FMI

C.M. (avec AFP) Publié le - Mis à jour le

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Le peu de résultats auxquels sont parvenus les ministres des Finances réunis à Washington a consacré la puissance économique et diplomatique de la Chine, capable de dire non au G7 qui réclamait un geste de sa part pour calmer les tensions de la "guerre des monnaies". L’insistance des Etats-Unis et de l’Europe n’y aura rien fait : la Chine tient à aller à son rythme dans la réévaluation du yuan qu’elle a annoncée en juin. "Nous faisons cela de manière progressive, plutôt que par une thérapie de choc", a tranché le gouverneur de la banque centrale de Chine, Zhou Xiaochuan. Certains membres du Fonds monétaire international (FMI), dont les Etats-Unis, ont proposé de revoir la procédure qui permet de rappeler à l’ordre un pays dont la monnaie serait délibérément sous-évaluée. Mais la délégation chinoise est restée ferme : elle ne veut pas qu’on pointe du doigt tel ou tel pays.

Il était probablement trop tôt pour espérer un compromis, moins de deux semaines après l’expression de "guerre des changes" lancée par le Brésil, qui a dominé les travaux de l’assemblée annuelle du FMI à Washington, réunissant samedi les responsables financiers de ses 187 pays membres. "On ne peut pas attendre de la Chine qu’elle fasse cela du jour au lendemain. Ils ont une économie de treize cent millions de personnes, et cela bouge très vite dans la bonne direction, cette direction étant une croissance moins tirée par les exportations", a affirmé, en présence de M. Zhou, le directeur général du FMI Dominique Strauss-Kahn. Ce dernier est bien placé pour mesurer la montée de la puissance d’un pays devenu l’usine du monde, et de plus en plus son créancier grâce à l’accumulation de ses excédents commerciaux. Avec 9,6 %, le FMI prévoit en 2011 une douzième année consécutive d’une croissance à plus de 8 % pour la Chine. En une décennie, la taille de son économie a presque triplé. Selon les chiffres de l’institution, elle avait dans ses coffres fin juin près de 30 % des réserves des Etats en devises étrangères, avec 2447 milliards de dollars. M. Zhou a minimisé la polémique sur le yuan, estimant qu’elle allait "s’estomper" quand la croissance des pays développés repartira.

Pas d’accord donc sur les taux de change, même si le communiqué du FMI manifeste une volonté d’apaiser les tensions en exposant les points de vue de chacun.

Les puissances émergentes ont, par contre, remporté une bataille avec un appel en faveur d’une surveillance accrue des pays riches, ses principaux bailleurs de fonds (et des Etats-Unis en premier lieu) - et pas seulement des pays en voie de développement. "Une surveillance plus ferme et impartiale visant à détecter les facteurs de vulnérabilité dans les grands pays avancés fait partie des priorités", est-il ainsi écrit dans le communiqué publié à l’issue de la réunion du comité monétaire et financier international du Conseil des gouverneurs du FMI. Cette déclaration reflète les arguments des puissances émergentes, selon lesquelles le mauvais état des finances publiques et la faible croissance des Etats-Unis sont l’une des causes principales des déséquilibres économiques dans le monde. Ces mêmes pays reprochent aux politiques américaines de contribuer à l’affaiblissement du dollar, ce qui pèse sur les devises des économies émergentes.

C.M. (avec AFP)

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