Entreprise

Dans la région de Ciney, se trouve Chevetogne. De la terre ancienne, on ne sait guère de chose si ce n'est la présence comme seigneur d'Emile d'Oultremont, époux depuis 1590 d'Aldegonde de Brialmont. Emile était baron de Han, Lamine, Chantraine et Chevetogne.

Leur fils Jean-Baptiste (1606-1680) releva les titres de son père après avoir reçu la tonsure mais être retourné dans le monde, car il était le dernier de sa race. Il épousa Marie-Henriette de Berlaymont qui devint dame de Tiribu (à Forville), le 2 juillet 1662, à la mort de sa mère Anne de Brandebourg. Après, c'est le silence. En 1845, Chevetogne devint la propriété de François Quarré et Adèle, née Rosar. Ils y font construire une ferme qu'ils occuperont jusqu'en 1862, date à laquelle ils cédèrent leur domaine à la baronne Sophie Diert de Kerckwerve (1808-1871), fille du baron Jean et de Marie Osy. Dame Sophie, Hollandaise de naissance, acheta ceci avec son mari le baron Jacques de Wykerslooth de Rooyesteyn (1798-1888).

Beyaert?

Le château, de style éclectique mais proche du style Louis XIII, fut également construit à leur initiative en 1868. Il se pourrait qu'Henry Beyaert, célèbre architecte de la Banque nationale à Bruxelles, en soit le créateur, du moins des plans. Les armes du couple décorent le fronton à enroulements qui surmonte la porte d'entrée du château.

En 1871, Marie de Wykerslooth de Rooyesteyn (1833-1902), unie au comte Léopold van den Steen de Jehay (1814-1884), reçut le domaine. Il était alors d'une superficie de 203 ha. Par la suite, le domaine appartint à leur fils, le comte Léopold (1860-1919). Il était marié à Marie-Charlotte de Villegas de Saint Pierre (Ry, 1870- Bxl, 1941). Léopold agrandit le domaine par l'achat d'une centaine d'hectares. Le 12 novembre 1920, les 350 hectares furent laissés à leur fils Jean (1893-1945) qui n'eut point d'enfant de son mariage avec Marcelle Bouyer.

Jean vendit son héritage condrusien à Valéry Cousin, ingénieur, et à son épouse Alice Wielemans (des brasseries). Ils entrèrent à Chevetogne en 1928. Dans les années 30, un petit pavillon de chasse sera construit non loin du château. Ce pavillon dit «des Rhodos» est aujourd'hui transformé en restaurant gastronomique. Suite au décès de son mari survenu le 12 décembre 1967, madame Wielemans désira se séparer de sa propriété. La province de Namur, pas insensible à cet endroit, racheta Chevetogne en 1969.

Sobriété

Le château, posé sur une butte devant une plaine, est richement orné en sa belle façade d'accès, alors qu'il est très sobre ailleurs. Il est totalement peint en blanc. Il est aussi caractérisé par ses deux tours rondes engagées, latérales, hautes comme le reste de la maison de deux niveaux posés sur un haut soubassement. Le jeu des rythmes est simple et équilibré entre les avancées, tours et corps central singularisé par les trois arcades, et les retraits des travées intermédiaires.

On remarquera aussi la cadence des toitures. Aux autres façades, les décors se limitent à des chaînages aux baies et un bandeau larmier séparant les niveaux.

© La Libre Belgique 2006