CityPlug fait déjà peau neuve

Patrick Van Campenhout Publié le - Mis à jour le

Entreprise / Emploi

Question : peut-on s’autoformer au développement de sites Internet innovants ? Sous-question : peut-on en vivre ? Réponses : deux fois oui. Et c’est un jeune Belge qui vient encore d’en fournir la démonstration. Frédéric Monet, un jeune passionné de télécoms et d’Internet, a réussi un pari un peu fou : celui d’attirer les foules vers un guide en ligne, CityPlug, qui fait son chemin dans le cœur des citadins belges. Le but de cette plate-forme ? Collecter auprès des utilisateurs les meilleures adresses pour manger, boire et se divertir. Un must, alors que les guides papier ou leurs versions Internet sont déjà présents sur le créneau ? Oui, parce qu’on est ici en plein dans le principe du Web participatif, où les coopérateurs sont valorisés par la qualité de leurs présentations ou de leurs analyses, et pas par leur potentiel de recettes publicitaires.

C’est à la fin 2007 que Frédéric Monet a mis toute son énergie (avec peu de moyens) dans la mise au point de ce site qui est tout en finesse et en techniques de marketing. Séduire le coopérateur potentiel, lui offrir du contenu de qualité en fonction de ses besoins et de ses envies, et enfin, attirer la manne publicitaire. "Le projet a emballé pas mal de gens qui me sont venus en aide, chacun à leur manière. Deux ans plus tard, c’est pari réussi, CityPlug, malgré la crise, est rentable, l’équipe s’est agrandie (une employée full time, plus des free-lances) et nous avons décidé d’importer ce modèle en dehors des frontières belges en septembre : Lille, Luxembourg et Eindhoven avec une ambition européenne." Le site vient de changer d’habillage, ce qui prouve son dynamisme. La page d’entrée de Cityplug.com est présentée en trois langues, avec un choix des villes couvertes qui permet au visiteur d’aller rapidement vers l’info qu’il recherche. Les thèmes sont présentés de droite à gauche ou de haut en bas, puis par cadres dans les pages visitées, ce qui permet à n’importe qui de se sentir rapidement à l’aise dans cet environnement. Et puis, il y a les infos des membres, mises en valeur, qui vont de l’analyse critique d’un repas en ville dans une maison de bouche à la discussion entre copines sur le prix d’un "p’tit top" brodé vendu un peu trop cher dans la boutique d’une telle

L’histoire de ce site ? C’est celle de Frédéric Monet qui est déjà un vieux routier des télécoms en 1997. Après avoir monté avec un ami un portail sur les télécoms mobiles (on en était aux débuts alors), il entre au service d’une entreprise qui accélère à l’époque : le fournisseur d’accès Internet Oneweb (qui appartient à l’histoire du Web en Belgique). On y embauche plus un talent qu’un "spécialiste". Comme nous l’explique Frédéric Monet, "il n’y avait pas à l’époque de formation spécifique pour un métier sans nom ou inexistant" . Il faut donc s’intégrer dans une nouvelle équipe, puis devenir au plus vite un "spécialiste". "Autodidacte, j’y ai appris un métier qui n’existait même pas quelques semaines auparavant."

Mais on est déjà en approche de la première bulle Internet qui se dégonfle brusquement. Quelques mois avant cette explosion, Frédéric Monet change de direction et de secteur, puisqu’il travaille pendant deux ans dans une société éditrice de magazines (papier). Une reconversion à l’ancienne économie ? Non, sa fonction principale est la gestion des échanges de flux d’informations entre les médias. A l’époque, on parlait encore de "online/offline". Un beau défi, mais Frédéric Monet estime que ses perspectives sont trop limitées dans cet environnement. Il opte donc pour un autre virage en devenant consultant chez Xerox, le géant mondial de la gestion documentaire.

Cinq ans après ses débuts, il est considéré comme un expert en "gestion documentaire et flux des documents dans les grandes entreprises". Il gère les très délicats documents financiers. Dans ses fonctions chez Xerox, le jeune consultant voyage pas mal et découvre de nouveaux environnements, des grandes villes. "Ce job m’a offert la possibilité de voir le monde - j’adore notamment faire des photos -, la France, les pays nordiques, l’Angleterre, etc." L’aventure CityPlug est en train de naître

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