Entreprise

RENCONTRE

Le Club Med Business a fêté jeudi à Paris son 30e anniversaire. L'occasion de faire la fête comme il peut le faire: buffet, spectacle... Avec, pour public, ses clients mais aussi et surtout toutes les équipes qui travaillent au concept en France et ailleurs.

De Belgique, où la formule business est née en 1983 et participe au chiffre d'affaires global du groupe en Belgique à concurrence de 10pc, il y avait foule. Dont sa directrice, Kathy Thoeye, quadrilingue (forcément) qui a trente années de maison derrière elle, ayant fait ses débuts comme hôtesse. `A ce poste, on est preneur d'ordres pour des gens qui, en entrant, veulent partir au Club tandis que quand on va trouver une société, on est de l'autre côté de la barrière: il faut vendre´. Et convaincre.

Comment l'aventure `affaires´ a-t-elle débuté?

On a commencé par répondre aux demandes. La première émana de L'Oréal qui voulait profiter en Belgique d'une formule déjà éprouvée en France. Les autres ont suivi par le bouche à oreille, notre meilleure publicité. Le principe est simple: nous avons 120 villages, les équipes G.O., les animations, les buffets, auxquels sont rajoutés - d'office dans les nouveaux villages - des salles de réunion et du matériel audiovisuel.

Avez-vous des réactions du type: `Voyage de société, oui; au Club Med, jamais´?

Cela arrive mais surtout de personnes qui n'ont jamais été au Club Med. Le film `Les Bronzés´, qui est un peu une caricature, a joué, à ce titre, un impact négatif. Mais une fois qu'ils connaissent le Club, qu'ils se rendent compte qu'ils ne sont pas obligés de faire du sport ou de participer aux spectacles, que chacun prend ce qui lui plaît dans la formule, les clients ont compris. Beaucoup reviennent d'ailleurs ensuite en famille. Les préjugés tombent.

Vos clients sont-ils plutôt PME ou plutôt multinationales?

Vraiment les deux et ils sont très fidèles. Certains viennent chez nous depuis 15 ans. Le Club Med, c'est facile: les gens sont totalement pris en charge, l'animation est prévue, la discothèque est sur place. La formule tout compris ne réserve pas de mauvaises surprises.

Quels sont les groupes représentés?

Nous acceptons les groupes à partir de 30 personnes. Mon `record´, c'était il y a quelques semaines, est de 2400! A partir de 50 personnes, un accompagnateur est prévu et sert de relais entre l'équipe de GO sur place et les responsables de la société. Les participants peuvent tout aussi bien être un ensemble de clients d'une société, une partie de ses vendeurs ou son réseau de distribution mais aussi sa direction. Ou une petite association de médecins ou de pharmaciens. La grande différence se situe plutôt entre séminaire et incentive.

Lequel est le plus courant?

Pour la formule séminaire, l'offre se limite à 30 villages équipés de salles de réunion dont Opio est le numéro 1 incontesté. Le village est même devenu le plus grand centre de séminaires du sud de la France (40 salles de réunion). L'incentive est une récompense, un séjour pendant lequel les gens ne travaillent pas et est donc possible dans tous les villages. L'activité séminaire atteint 42 pc, l'incentive 58 pc. Soit 11000 personnes prises en charge en tant que groupe en 2001.

A cela s'ajoutent les exclusivités...

L'exclusivité permet à la société d'occuper tout un village ou le Club Med II, superbe voilier 5 mâts qui fait les Caraïbes en hiver et la Méditerranée en été. Et donc de le personnaliser à son image, de changer les horaires de repas puisqu'il n'y a aucune cohabitation à respecter.

Et le Club Med Evénements?

C'est une filiale internationale basée à Paris qui personnalise et agrémente à la carte. On fait, par exemple, venir toute une équipe dans un village pour y pratiquer le rafting ou une autre activité non prévue. Avec supplément.

Mixe-t-on les business et les touristes?

Oui, sauf à Opio qui est entièrement dédié au business à certaines périodes. Mais quand il y a trop de groupes sur un site, ce n'est plus tellement agréable pour les vacanciers car les groupes restent souvent ensemble et sont plus bruyants. Donc, quand il y a un très grand groupe dans un village, on le signale aux candidats-touristes qui veulent s'inscrire et ceux-ci peuvent alors opter pour un autre village.

Cependant, de façon générale, la cohabitation se passe très bien parce que les villages sont vastes: il y a donc moyen de mettre sur pied des animations pour les groupes dans une partie du village, de les faire manger dans une partie du restaurant ou dans un des restaurants quand il y en a plusieurs.

Comment travaillez-vous?

Notre équipe comprend 6 personnes. Les 3 commerciaux vont vers les sociétés, les conseillent et font des propositions. Une fois que le contrat est signé, il passe dans les mains des réalisatrices qui suivent les détails de A à Z. Entre 10 et 15 jours avant le départ, le programme est transmis au responsable des groupes dans le village choisi qui, à son tour, le fait passer au barman pour les cocktails, à l'animation pour des manifestations particulières, au chef des sports pour une petite olympiade, ce qui soude les équipes, au responsable excursions pour les visites à la carte, etc.

La période la plus demandée?

Septembre-octobre et mai-juin..

Le prix?

En général, 5 à 8 pc moins cher que le prix `touriste´.

Quels sont les pays qui ont le plus de succès?

La Grèce, la Turquie, le Portugal. Ce qui joue surtout, outre le prix, c'est la facilité d'accès et la durée du trajet.

Finalement, les sociétés évoluent-elles de plus en plus vers les séminaires ou incentives depuis 15 ans?

Oui car dès qu'on parle voyage, cela fait rêver au contraire d'une récompense comme une télévision, six bouteilles de vin ou une cravate. Et les résultats sont prouvés, c'est une bonne carotte: tout le monde a besoin de se déstresser, de se trouver dans un environnement de rêve, le grand atout du voyage. Un client nous parle encore d'un séjour organisé en cases à Djerba la Fidèle il y a 2 ans sur le thème `Retour à la nature´. Même un confort moins élevé n'est pas un frein.

© La Libre Belgique 2002