Club Med: extension, diversification

PAR ANNE MASSET Publié le - Mis à jour le

Entreprise

ENTRETIEN

À PARIS

Philippe Bouguignon, ancien d'Accor et d'Euro Disney, tient bien en main depuis 1997 les rênes d'un Club Med qui a retrouvé la forme après une période de redressement. Voici venue la phase «transformation», avec de nouveaux défis et les défis, cela le connaît.

En 2000, vous évoquiez le doublement de taille du Club en 3 ans...

Il y avait 2 messages dans ce doublement de taille. Le premier: on est engagé dans la croissance à la fois dans notre activité traditionnelle, la location des villages qui va rester notre «core business» (évolution de 8 pc par an en moyenne), mais aussi dans des activités nouvelles. Deux: on ne va pas le faire uniquement en propre mais aussi par voie d'acquisitions. Est-ce que l'on va arriver pile à doubler ou juste un peu plus ou un peu moins, ce n'est pas le problème. Ce qui est important, c'est qu'aujourd'hui, nous sommes actifs sur un certain nombre de marchés, à la fois dans le cadre du développement des villages, mais aussi dans le redéploiement. Exemple: la récente acquisition en France de Gymnase Club.

Parlons d'abord des villages. Quel est le programme en Europe?

Je pensais, et c'est une erreur d'appréciation que j'ai faite, que l'Europe était relativement à maturité pour le Club et que, probablement, il y avait plus de potentiel en Amérique du Nord et, éventuellement, en Asie. Or on s'est aperçu, quand on a fait le plan de relance du Club en 1997, que la réaction sur les gros marchés européens (France, Belgique, Italie ou Suisse) a été énorme. Depuis, on a augmenté en Europe de près de 50 pc et nous ne disposons plus d'assez de capacité. Nous avons donc ouvert deux nouveaux villages en Grèce il y a un mois; fait des changements à ceux de Djerba et nous avons des projets dans le sud du Maroc (3 000 lits d'ici 2003), aux Baléares (le «4 Tridents» deviendra le plus beau village de Méditerranée), en Sicile, en Sardaigne; et nous avons démarré des chantiers en Egypte. Enfin, Oyyo, le village destiné aux jeunes qui aiment le sport et la fête s'est ouvert mardi soir au sud de Monastir...

Vous venez de racheter les murs du village de Vittel. Pour vous en défaire le plus vite possible puisque vous préférez ne pas être propriétaire pour dégager des moyens nécessaires à d'autres investissements?

L'affaire est en cours et on va y faire de grosses rénovations. À l'heure actuelle, nous sommes propriétaires d'à peu près 50 pc des murs, nous avons 2 villages en management (Bintam, près de Singapour) et Varadero (Cuba). Le reste des installations est loué.

Parlons diversification. Vous avez racheté Jet Tours, n°3 français des voyages en 1999, allez-vous aussi intensifier votre activité de tour-operating?

Nous sommes une société de marque et pas de masse. Le business «high volume, low marging» ne nous intéresse pas. Notre métier, c'est de rendre des gens heureux, pas de les envoyer dans des cages à lapins. Notre stratégie? Nous nous développons verticalement en créant des activités nouvelles pour la même population. Pour ce faire, nous jouissons d'un avantage considérable, une marque forte qui symbolise un club, un club qui a des membres. Et nous élargissons la palette de produits et services que nous vendons à ces membres, très fidèles.

Vous essayez quand même de rajeunir votre client avec Oyyo?

L'inconvénient de cette fidélité est que si vous n'y prenez pas garde, vous vous tranformez en maison de retraite. Nous devons ouvrir aux jeunes, futurs fidèles.

Et les personnes plus âgées?

Quand j'ai testé l'idée du produit appelé «retreat», je me suis fait insulter par les G (entils) M (embres). On trouvera donc un autre nom. Le principe: faire de petites unités (80 à 100 chambres) au confort plus élevé pour des gens qui ont plus de moyens et qui veulent être plus au calme. Le premier, à Méribel, ouvrira à l'hiver 2002-2003. Il se peut que d'ici là, on en fasse un autre quelque part.

En 2000, vous inauguriez Club Med Word, concept de loisirs urbains. Les collections de vêtements marchent bien. À quelle autre diversification pensez-vous?

Le fitness. Nous avons déjà racheté Gymnase Club que nous allons «club médiser» d'ici juillet. On poussera ensuite certains produits hors de France. Logiquement, la Belgique devrait être un débordement rapide.

© La Libre Belgique 2001

PAR ANNE MASSET

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