Entreprise Le Club Med compte ouvrir, d’ici 4 ans, une quinzaine de villages en Asie : 10 en Chine, 5 hors de Chine. Pour y accueillir une clientèle asiatique en pleine croissance, jeune, connectée, en quête d’expériences. Rien qu’en Chine, son cœur de cible, c’est… 350 millions de personnes ! Les marchés matures en tireront certainement des enseignements.

Depuis que le conglomérat chinois Fosun a racheté le Club Med en 2015, une inquiétude plane sur le devenir de ce fleuron français. Va-t-il se "siniser" ? Se détourner de ses marchés historiques pour un empire du milieu plus porteur ? Pour l’heure, sa face chinoise est encore un peu estompée : 4 villages seulement sur 67. Même en y ajoutant les 8 autres villages d’Asie et du Pacifique (2 au Japon, 2 en Indonésie, 1 en Malaisie, 1 en Thaïlande et 2 Maldives), le continent ne représente pas un cinquième du parc. Mais déjà les Asiatiques comptent pour près de 30 % des clients du Club Med (400 000 sur 1,4 million).

Chine : 350 millions de clients potentiels

Le fait que deux CEO se partagent le continent, l’un pour la grande Chine, avec Hong-Kong et Taiwan - Gino Andreetta -, l’autre pour l’Asie-Pacifique du Sud-Est en ce compris l’Australie et l’Inde - Xavier Desaulles - révèle combien l’avenir est à l’Est. "La connivence du Club Med avec la Chine et l’Asie en termes de positionnement et de marque est un axe fort qui date d’avant Fosun. On a appris qu’il faut se diversifier et on y met les moyens", explique Xavier Desaulles. Et d’évoquer l’ouverture d’ici 4 ans d’une quinzaine de villages en Asie, 10 en Chine, 5 hors de Chine, dont 4 déjà lancés, sur lesquels des équipes d’architectes travaillent : Japon (2018), Sri Lanka (2019), Lombok (2020), Vietnam (2021). En Chine, c’est le concept "Joyview" qui est mis en place. "Une marque dans la marque, ajoute le CEO ESAP (East South Asia Pacific), pour des villages situés à moins de deux heures des grandes villes. L’idée est d’y attirer une clientèle familiale le week-end (car les Chinois n’ont que 10 jours de vacances par an et pas de résidence secondaire) et ‘business’ la semaine en jouant la carte des incentives. Soit des villages qui ont tout l’ADN du Club mais avec quelques différences. Le all inclusive n’est par exemple pas obligatoire : on peut se contenter de la chambre et prendre les activités à la carte."

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