Coca-Cola : 3 000 innovations belges

Sandrine Vandendooren Publié le - Mis à jour le

Entreprise

Pour les Belges, Coca-Cola c'est la légendaire boisson venue des Etats-Unis qui fête ses 120 ans d'existence cette année. C'est aussi une célèbre bouteille qui fait le tour du monde depuis 90 ans. C'est encore une marque rouge et blanche qui tient le haut du pavé dans le monde publicitaire. C'est enfin toute une famille de marques de boissons rafraîchissantes non alcoolisées (Fanta, Sprite), d'eaux (Chaudfontaine), de jus de fruit (Minute Maid) et de boissons énergétiques (Aquarius), de thés glacés (Nestea)...Mais ce n'est que la partie visible de l'iceberg. Coca -Cola c'est bien plus que cela en Belgique. La multinationale y emploie près de 3 000 personnes au total (lire épinglé) et surtout elle possède, à Anderlecht, l'un de ses six centres de recherche et développement (R & D) dans le monde. Et, cocorico - c'est peu connu - "il 'agit du plus grand centre en dehors d'Atlanta (NdlR : fief de la maison-mère)", souligne Luc Aelterman, le directeur belge fraîchement promu à la tête du laboratoire bruxellois.

Au service de 108 pays

Ce centre est responsable de toutes les innovations du groupe pour l'Europe (en ce compris la Russie) ainsi que pour le Moyen Orient et l'Afrique, soit 108 pays. "Cela représente 40 pc du volume global du groupe", précise Luc Aelterman.

Ce n'est que depuis 5 ans que le géant d'Atlanta a décidé d'installer sa R & D pour la zone précitée en Belgique. "Avant cela, celui-ci se trouvait en Allemagne, explique le responsable du labo. La Belgique est un pays multilingue. Sa diversité culturelle est de fait importante pour la R & D. En outre, grâce à ses universités, on y trouve du personnel qualifié".

Le centre bruxellois occupe 150 personnes de 18 nationalités différentes. Cinquante d'entre elles, dont 15 Belges, sont affectées à l'innovation en matière de produits, 25 autres planchent sur les nouveaux emballages et le marketing. Quant à l'autre moitié du personnel, elle travaille à la qualité des produits et aux normes environnementales des conditionnements.

Depuis son installation sur le sol bruxellois, ce centre n'a cessé de se développer. "Entre 2001 et 2006, le nombre de chercheurs a doublé (de 26 à 50) et nous en recherchons actuellement 10 supplémentaires", souligne Luc Aelterman. "Il y a cinq ans, poursuit son responsable, 240 produits sortaient par an de ce labo ratoire . Actuellement, le nombre d'innovations annuelles tourne autour des 635." Au total, en 6 ans, ce sont plus de 3 000 nouveautés qui sont sorties du labo belge. Pour ce faire, l'équipe dispose de 1 200 arômes, de 170 poudres de thé et de 75 jus. "Il faut compter entre 4 mois et deux ans pour mettre au point une nouvelle boisson", dit M. Aelterman.

L'innovation concerne aussi bien des "soft drinks", des jus de fruits, des boissons sportives et énergétiques que des poudres et des laits à base de jus de fruits. Elle peut, par exemple, être une nouvelle formule d'une marque-phare de la gamme, comme un Fanta Orange moins sucré. "L'arôme du Fanta Orange est le même dans tous les pays mais la couleur varie du jaune clair à l'orange fluo. On dénombre ainsi 39 formules différentes de Fanta Orange en Europe (20 light et 19 regular)", explique le responsable du laboratoire.

Les nouveautés "made in Belgium" peuvent être aussi plus radicales. Ainsi en 2004, pour la première fois dans l'histoire du groupe, une variante de Coca-Cola light est sortie du laboratoire bruxellois. Il s'agissait du Coca light Sango. En général, tous les Coca-Cola sont conçus à Atlanta. Le centre belge a aussi conçu le Nalu, cette boisson énergétique peu calorique.

"La plupart de nos innovations sont dictées par les besoins des consommateurs qui sont eux-mêmes identifiés par nos équipes de marketing locales", indique encore Luc Aelterman.

Sandrine Vandendooren

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