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Depuis ce week-end, tant à Washington avec le G7 qu'à Paris avec l'Eurogroupe, la nécessité d'agir de manière concertée par les Etats est - enfin ! - apparue incontournable. Il était temps, puisqu'il est déjà trop tard. Les dégâts causés par la crise sont de ceux qui peuvent être soignés mais pas guéris.

On entend des voix qui s'élèvent aujourd'hui pour signer la mort du libéralisme et appeler l'Etat à jouer un rôle plus déterminant dans la gestion de l'économie et des finances. C'est oublier le sens des mots.

Le capitalisme est un système économique et social fondé sur la propriété privée des moyens de production et d'échange. Il se caractérise par la recherche du profit, l'initiative individuelle, la concurrence entre les entreprises. L'humanité n'a pas connu de système aussi puissant pour assurer son développement. Elle n'a pas connu non plus de système qu'il faille autant réguler pour éviter les abus.

Le libéralisme est une doctrine économique et politique qui tend précisément à réguler les excès du capitalisme. Selon elle, l'état ne doit pas gêner, par ses interventions, le jeu de la libre concurrence. Il doit au contraire permettre à celle-ci de s'exercer pleinement en évitant, en particulier, les régimes des monopoles.

Le socialisme se définit par la condamnation de la propriété privée des moyens de production et d'échange pour aboutir au communisme avec la collectivisation de ces moyens de production.

L'économie est comme un réseau routier sur lequel circulent les voitures. Le capitalisme laisse les véhicules se débrouiller seuls : que les camions écrasent les autos puisqu'ils sont les plus gros. Le libéralisme consiste à réguler le réseau en inventant le code de la route, par exemple. Ce qui n'empêche pas les accidents (les crises) mais n'empêche pas non plus chacun d'aller où il l'entend au volant de son véhicule. Le socialisme veut mettre un chauffeur dans chaque automobile quand il ne veut pas obliger les citoyens à n'utiliser que le car collectif. Le communisme, lui, vous impose l'heure et le lieu de départ tout comme le lieu d'arrivée.

La crise actuelle doit créer un code de la route collectif, pas une appropriation collective des moyens financiers. L'intervention des Etats ne doit être que provisoire et circonstancielle. Sous peine de voir régresser les libertés !