Entreprise

Le plus grand parc éolien de Belgique a été inauguré ce jeudi à Zeebrugge, en présence du Premier ministre Yves Leterme, qui s’est félicité de ce que "la vision, le courage et l’audace des nombreuses sociétés" impliquées dans le projet "permettent à la Belgique de montrer à la communauté internationale que le développement durable est compatible avec le développement industriel et la croissance". Les 55 éoliennes, disposées à une distance de 500 à 650 mètres l’une de l’autre sur un banc de sable de 17 km² situé à 46 km de la côte, génèreront de l’électricité verte pour 175 000 ménages, grâce à leur rendement global de 550 000 Mwh, et permettront ainsi d’éviter l’émission de 270 000 tonnes de CO2. Une fameuse contribution aux objectifs 3X20 fixés par le Plan énergie européen. Un coup de pouce à l’emploi, avec 70 postes créés pour au moins 20 ans. Un exploit, également, à la fois technique et financier, compte tenu des circonstances dans lesquelles le projet a été initié. Frank Coenen, directeur général Belwind, aime à rappeler qu’une fois les autorisations et licences obtenues pour le nouveau parc, en 2007, la crise financière de 2008 a bien failli tuer le projet dans l’œuf, puisque plusieurs investisseurs ont dû déclarer faillite. Avec son équipe, il en a néanmoins convaincu d’autres, à commencer par le groupe et la famille Colruyt, qu’il bénit encore d’avoir croisé son chemin. Il a également convaincu des banques, qui ont exigé un amortissement sur 20 ans et l’obligation de vendre, pendant les 11 premières années d’exploitation en tout cas, l’électricité produite à un fournisseur agréé, en l’occurrence Electrabel, qui présentait l’offre la plus intéressante. La convention financière pour 614 millions d’euros a finalement été signée le 24 juillet 2009. Elle répartit le capital entre Participatiemaatschappij Vlaanderen, la famille Colruyt, le holding familial SHV, la coopération énergétique Meewind et Rabobank. Le groupe Colruyt, pour sa part, possède 27,5 % des actions. Son directeur financier, Wim Biesemans, par ailleurs président du conseil d’administration de Belwind, justifie cette participation par l’engagement de Colruyt, depuis 10 ans déjà, dans le passage à l’énergie verte. "En outre, il s’agit d’un projet industriel qui nous correspond parfaitement", ajoute-t-il, "sans compter que nous souhaitons couvrir nos besoins énergétiques". Si l’approvisionnement direct n’est pas encore d’actualité, il pourrait s’envisager à l’avenir. Les travaux ont été entamés deux semaines plus tard. "Nous avons travaillé 24h/24, 7 jours sur 7, pour parvenir à terminer les travaux dans les délais impartis, et sans dépasser le budget", souligne fièrement Frank Coenen. Le remorquage des fondations d’acier de 5 m de diamètre, leur martèlement dans le fond marin à 20 ou 30 mètres de profondeur, le montage des pièces intermédiaires en surface, l’assemblage des éoliennes danoises Vestas et le placement de la station à haute tension se sont produites en hiver, au gré des caprices marins, tandis que les câbles terrestres étaient enfouis le long de l’Evedijk, à Zeebruges. "A cette échelle, on ne parle plus de moulin à vent mais bien de centrale électrique", commente encore Frank Coenen. Une raison supplémentaire pour s’enorgueillir d’avoir terminé le tout en un temps record de 15 mois, sans perturber les habitants de la mer, écartés par des impulsions sonores avant chaque opération sous-marine.

Forte de cette première réussite industrielle, Belwind compte bien entamer très prochainement la deuxième phase de son projet de production d’énergie par éoliennes marines, sans doute au large d’Ostende, avec toujours la réduction du prix de production d’énergie en point de mire. L’étude préliminaire promet déjà un projet "plus technologique, plus efficace, plus rentable".