Entreprise

Le groupe Colruyt a présenté, jeudi, ses résultats pour l'exercice 2000/2001 (clôturé au 31 mars 2001). «Des résultats sans bonne ni mauvaise surprise», commentait hier soir Thierry François, l'analyste financier de chez Fortis Banque qui suit de près l'action du distributeur.

RIPOTOT SUR LA BONNE VOIE

Le chiffre d'affaires du groupe de distribution de Hal a augmenté de 11,2 pc pour atteindre 2,51 milliards d'euros (101,2 milliards de F). «

Les ventes ont davantage progressé au second semestre», précisait hier, René De Wit, l'administrateur délégué de Colruyt. Le bénéfice consolidé (part du groupe) a crû de 10,13 pc à 98,71 millions d'euros (3,9 milliards de F). Le résultat d'exploitation progresse, lui, de près de 8 pc à 149 millions d'euros (6 milliards de F). Pour la première fois depuis sa reprise en 1996, Ripotot -la filiale française du groupe- affiche un cash flow positif de 1,69 million d'euros (68 millions de F) mais son résultat reste négatif (112 millions de F). Le groupe espère atteindre l'équilibre au terme de l'exercice en cours. «Notre politique de prix à la baisse commence enfin à porter ses fruits», souligne M. De Wit.

Au rayon projet, le distributeur qui vient de racheter la société française Doumenge (spécialisée dans la vente aux collectivités) espère procéder à de nouvelles acquisitions dans l'Hexagone dans ce secteur. Autre développement en vue: les magasins de proximité Okay (400 m). Ils ne sont encore qu'au nombre de 4 (en Flandre) mais Colruyt compte en ouvrir entre 5 et 7 par an. Le groupe compte aussi maintenir parallèlement un rythme annuel de 4 à 5 ouvertures de supermarchés.

LA CROISSANCE S'ESSOUFFLE

La tendance pour les premiers mois de l'exercice 2001/2002? «Elle est bonne mais nous restons vigilants».

Pour l'heure, le distributeur qui a fait des «meilleurs prix» sa priorité commerciale affirme ne pas souffrir de l'offensive sur les prix lancée par Carrefour. Mais les premiers hypermarchés à l'enseigne tricolore ne sont ouverts que depuis un mois.

Pour Thierry François, ces résultats ne sont pas décevants mais ils ne sont pas non plus enthousiasmants. «Ils confirment les craintes du marché à savoir que Colruyt n'a pas assez de nouveaux relais de croissance». Et de souligner l'effritement de la marge opérationnelle. «Colruyt avait l'habitude d'augmenter ses marges opérationnelles tous les ans. Cette fois-ci, elle diminue à 5,9 pc contre 6,1 pc». L'analyste estime que Colruyt n'est plus la belle étoile montante qu'elle était il y a quelques années, tant sur le plan boursier que sur le plan de la croissance. «Son taux de croissance est encore à 2 chiffres mais le groupe nous a habitués à des taux de l'ordre de 20 pc. Une croissance de 10 pc, c'est un peu peu quand on sait que la moyenne européenne du secteur est de 15 pc».

© La Libre Belgique 2001