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ÉCLAIRAGE

D'après la Commission de Sélection des Films de la Communauté française, le coût moyen d'un long métrage belge produit en 2001 s'est élevé à 3,188 millions d'euros. On est loin des budgets des productions hollywoodiennes moyennes qui atteignent les 50 à 60 millions d'euros (cela peut monter jusqu'à 100 millions d'euros pour les superproductions!).

Le budget d'un film varie bien évidemment en fonction du lieu et de la durée de tournage ainsi qu'en fonction de la notoriété des comédiens qui figurent à l'affiche. Mais il y a une multitude d'autres frais qui interviennent dans le coût d'un film. Nous avons tenté l'exercice avec `Le Fils´ des frères Dardenne qui sortira dans nos salles, le 9 octobre prochain. Ce film, primé au Festival de Cannes - Olivier Gourmet, l'acteur principal a reçu le prix d'interprétation masculine -, est coproduit par Les Films du Fleuve (la maison de production liégeoise de Luc et Jean-Pierre Dardenne), la RTBF et Archipel 35 (France). `Le Fils´ a un budget estimé à 2.652.026 € (107 millions de FB), soit légèrement supérieur à `La Promesse´ et `Rosetta´.

Le plus gros poste dans le budget d'un film, c'est généralement le personnel (dont toute l'équipe technique). Dans le cas du `Fils´, ce sont 40 personnes qui ont été embauchées pendant toute la durée du tournage (3 mois). Dont coût: 870000 €, soit un tiers du budget total. Ce poste ne comprend pas les rémunérations des comédiens (220000 €) dont le cachet d'Olivier Gourmet, le premier rôle. Les autres postes se répartissent comme suit: la préproduction (scénario, repérages, casting, etc) qui se chiffre à 90000 €; la promotion du film - en ce non compris, celle effectuée par la société qui distribue le film (25000 €); les décors et accessoires - `Le Fils´ a été tourné dans une école désaffectée du centre de Liège qu'il a fallu transformer en centre d'apprentissage (70000 €); les frais de transports et de voyage (60000 €); les défraiements et frais de séjour (location d'appartements, chambres d'hôtels), soit 120000 €; la régie dont la restauration sur le tournage (40000 €); le matériel caméra, éclairage et son (120000 €); l'achat de pellicule et de cassettes numériques (40000 €); les frais de laboratoires - cela concerne notamment le développement des `rushes´ tous les jours de tournage - (150000 €); le montage virtuel son et image (100000 €); les assurances - primes pour le personnel et le matériel (25000 €); les frais financiers (60000 €), ce sont les fonds que la maison de production emprunte à la banque en attendant le versement des diverses aides publiques.

A tout cela il faut encore ajouter, les droits artistiques (150000 €); les imprévus (190000 €) en cas de tuile (exemple: Olivier Gourmet qui tomberait malade deux mois au cours du tournage); le salaire des producteurs belges et français (125000 €) et les frais généraux (170000 €).

Comment financer tout cela? Comme pratiquement toutes les productions belges, `Le Fils´ a bénéficié d'une aide publique de la Communauté française (à rembourser) de 495787 €, soit le montant maximal accordé. A noter que `Le Fils´ est une production majoritairement belge: le financement est à 62 pc belge (et à 38 pc français). Pour boucler leur plan de financement, les frères Dardenne ont eu recours à d'autres sources: le Fonds spécial `Di Rupo´ géré par la RTBF et la Communauté française (600000 €); le fonds d'aide économique Wallimage (173525 €); le fonds d'aide économique européen Eurimages (190000 €); la Loterie nationale (subside de 49579 €)...

© La Libre Belgique 2002