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Un grand soleil et de nombreux commerçants se frottent les mains. Mais dès qu'il assomme la clientèle, l'ambiance est beaucoup plus calme. Tour d'horizon dans le cœur de la capitale.

Pour une fois, Belgique ne rime pas avec pluie. Et c'est un euphémisme. Le déficit d'ensoleillement de l'hiver n'est désormais plus qu'un lointain souvenir. Et pourtant, une petite averse rafraîchissante ne serait pas de refus pour certains magasins du Vieux-Bruxelles.

La fournaise de ces derniers jours en dissuade plus d'un de flâner dans le centre-ville. La Grand-Place est d'ailleurs loin d'être noire de monde. Il suffit de se balader un peu dans le quartier pour entendre des personnes se plaindre des températures. Ils préfèrent partir ailleurs. "On irait plutôt boire un coup au Bois de la Cambre, mais pas ici", expliquent des Ardennais de passage.

Le chocolat victime de la canicule

Les premiers touchés de cette désaffection sont les chocolatiers. Autrement dit un paquet de monde autour de la Grand-Place. La présence massive de touristes aide à tenir le coup mais les boutiques sont désespérément vides. Et quand ils ne vendent que leurs spécialités, les journées sont très calmes.

Les gérants redoublent donc d'initiatives pour tenir le coup. L'arme parfaite : les sacs isothermes. Plusieurs boutiques proposent cette astuce pour vendre leurs produits, même sous 36°. Et ça marche. Certaines enseignes sont même à court de stock. Cela leur permet de compenser en partie les pertes de ventes de chocolats car évidemment, les sacs ne sont pas gratuits. Et pour les touristes, c'est un passage obligatoire. Question d'éviter que l'achat ne se transforme en flaque de cacao.

Une collection hiver loin de donner envie

Nombre de magasins de vêtements sont également bien calmes. Cela fait des mois qu'ils ont commandé la collection automne/hiver. Et quand celle-ci arrive, chaud ou pas chaud, il faut renouveler les rayons. La fin des soldes a littéralement vidé les petits commerces vestimentaires. Heureusement, il reste encore quelques articles d'été. Mais ce n'est pas assez pour faire le poids face à juillet. Le départ en vacances d'un certain nombre de Belges plombe encore plus leurs chiffres d'affaires.

Quelques établissements tirent quand même leur épingle du jeu. Certains ont préféré miser sur une persistance de la collection d'été pour le mois d'août. Pour ceux-ci, le pari est plus que réussi. Contrairement à leurs collègues, ils gardent le même rythme que le mois précédent.

Touriste cherche fraîcheur désespérément

Évidemment, il n'y a pas que des perdants avec une telle météo. Ce temps bénéficie en premier lieu à tous les vendeurs de produits frais. Les glaces partent sans surprise comme des petits pains. Ceux qui ne les vendaient que de manière secondaire les placent désormais en tête d'affiche. Les smoothies et autres thés glacés sont également fort demandés, contrairement aux cafés.

Plus étonnant : les gaufres ne sont pas forcément en reste. Il arrive que leurs ventes soient même assez élevées, même si c'est variable d'un commerce à un autre. C'est peut-être un produit chaud mais au moins, ça ne fond pas.

Les enseignes spécialisées dans la bière n'ont pas non plus à se plaindre. Mais contrairement à ce que l'on pourrait croire, les touristes ne déferlent pas sur les terrasses, une boisson à la main. Que ce soit dans une galerie ou à l'air libre, les bars-restaurants ne font pas le plein. Encore une fois, la chaleur tue la chaleur. Ce n'est qu'en fin de journée que les tables se repeuplent.

En plein milieu de la journée, il reste beaucoup de place sur les terrasses, même à l'ombre.
© K.D.

C'est même une tendance presque générale, quel que soit le type de produit vendu. La deuxième partie d'après-midi est bien plus fructueuse que le reste de la journée. Globalement parce que l'air est plus respirable. L'heure du goûter donne le coup d'envoi puis les affaires reprennent.

La météo des prochains jours est également scrutée de près. Le retour de précipitations et donc d'un temps plus favorable est vu d'un très bon œil par beaucoup. Les chocolatiers espèrent faire à nouveau recette, parfois en renforçant les effectifs. Une vendeuse en est sûre : « Quand il fait froid ou qu'il pleut, on a plus de clients ». Et d'un autre côté, pas de quoi inquiéter les fournisseurs de glaces. L'été continue, qu'il soit caniculaire ou pas.