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Par Isabelle de Laminne, responsable du blog Moneystore

Le blockchain est la technologie qui sous-tend la monnaie virtuelle Bitcoin. Au-delà de la monnaie virtuelle, cette technologie intéresse cependant bon nombre d’acteurs du secteur financier car elle permet de sécuriser, stocker et transférer toutes sortes de données et de transactions (par exemple sur des actions ou même sur des contrats d’assurance).

Mais comment fonctionne le blockchain ? Apparue en même temps que le Bitcoin en 2009, cette technologie est assimilée à un grand registre virtuel, un grand livre comptable crypté et unifié. L’information y est gérée et stockée collectivement en temps réel et elle ne peut pas être modifiée à posteriori. Elle fonctionne sans intermédiaires, ce qui n’est pas le cas des technologies actuelles de transferts de titres, par exemple. Au lieu d’être stockée sur un seul serveur, l’information est traitée sur un ensemble de blocs. Il est donc très difficile de la pirater. Tous les échanges, ou transactions peuvent être consultés pour en vérifier la validité et ils ne sont pas modifiables. Voici un schéma qui explique le fonctionnement du blockchain :

© D.R.

En changeant la nature de l’organisation de bon nombre d’acteurs dans la société, l’adoption de cette technologie pourrait engendrer un bouleversement aussi important que celui provoqué par Internet. En effet, le blockchain peut être intégré dans un grand nombre de transactions : titres, contrats, mais aussi dans le domaine de la santé, de la musique, de l’éducation, des assurances, pour des documents officiels émis par l’Etat (attestations,…).

Les exemples d’utilisation du blockchain sont nombreux. Le Nasdaq a ainsi conclu un accord avec un « provider » d’infrastructure basée sur le blockchain pour émettre et transférer des actions détenues par des sociétés. C’est aussi l’absence d’intermédiaires qui attirent les acteurs financiers. Cette technologie permettrait d’accroître la vitesse et la simplification des procédures de trading. De nombreuses sociétés financières sont en train d’en explorer les possibilités : Citi, UBS, BNP Paribas, Deutsche Bank,… Cette technologie permettrait de diminuer les risques liés au traitement des titres ou de certaines opérations ainsi que les risques de contrepartie en général et ce, grâce à des procédures post-trading (administratives de règlement et de livraison) plus efficaces mais qui seraient utilisées dans les bases de données de l’institution financière.

Certains vont même jusqu’à prédire que les blockchains remplaceront un jour les avocats ! En effet, on parle désormais de « smart contracts » basés sur le blockchain. On pourrait donc « attacher » des contrats sur base de cette technologie. L’Estonie lance l’e-citizenship en se basant sur la technologie blockchain et la Grande-Bretagne envisage d’utiliser la technologie des blockchains pour le stockage des données. Le géant informatique IBM explore lui aussi ces possibilités. Selon cette firme, cette technologie pourrait être un des supports du développement de l’ « Internet of things-IOT » (objets connectés).

Le blockchain permettra de décentraliser un grand nombre d’opérations. Cependant cette technologie prometteuse a des limites. Beaucoup d’obstacles techniques persistent encore. Son temps de calcul est très long et elle est très gourmande en consommation énergétique. Il faudra également être attentif à la gouvernance de ce type de système car son développement nécessitera la création d’un climat de confiance qui devra se déployer en-dehors des institutions traditionnelles. Sans conteste, le blockchain est une affaire à suivre !

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