Entreprise Les soldes à partir du 2 janvier ? Les commerçants ne sont pas demandeurs. Le grand public non plus, apparemment.

C’est la loi : les soldes d’été débutent le 1er juillet pour se clôturer le 31; les soldes d’hiver, par contre, sont rabotés de deux jours puisqu’ils ne démarrent que le 3 janvier pour se terminer le 31. "Avec le temps, le grand public l’a intégré, note Thierry Evens, de l’Union des Classes moyennes (UCM). C’est à la demande des commerçants que le législateur leur a accordé un jour de battement pour faire les inventaires, remettre les choses en ordre après les fêtes et, surtout, préparer les soldes : affichage, étiquetage des prix soldés… S’ils apposent déjà les étiquettes de ristourne le 2 janvier, ils doivent les masquer."

A l’heure de l’électronique et de l’automatisation, cette journée peut paraître inutile. Du moins au regard des ventes qu’elle pourrait générer. "Les commerçants ne semblent pas être demandeurs d’un lancement des soldes le 2 janvier, répond Thierry Evens. Je ne l’ai jamais entendu dire. Cette journée leur est bien utile. Car si faire un inventaire est plus simple qu’avant, il n’exempte pas de ranger les stocks, de noter ce qui aurait pu être volé ou ce qui est abîmé, etc." Même s’il reconnaît que, malgré tout, certains consommateurs se trompent encore parfois de jour.

"Ils sont peu nombreux, insiste Jean-Luc Vasseur, président de l’ASBL Commerce liégeois. Ils sortent de plusieurs jours de festivités et il leur faut bien un jour pour se remettre de leurs émotions. Et, surtout, pour venir… échanger les cadeaux reçus la veille ou l’avant-veille. Cette journée de battement, les commerçants ne sont pas prêts, à ma connaissance, à l’abandonner. Même si ce n’est pas à ce moment-là qu’ils font leur inventaire, mais plutôt en mars et/ou en octobre et certainement pas en période de rush…"

Ristournes à la caisse

La tentation doit toutefois être grande chez quelques-uns de tabler sur une certaine méconnaissance du grand public de la date officielle d’ouverture des soldes d’hiver. Ce à quoi les inspecteurs du SPF Economie doivent être attentifs. "Ni plus ni moins qu’un autre jour, note Thierry Evens. Ils réagissent davantage sur plaintes que lors de descentes en force. Si un commerçant ne joue pas le jeu, ils seront alertés." "Et puis, sourit-il, rien n’empêche les clients de demander une ristourne à la caisse. C’est une pratique autorisée toute l’année, tant que la vente ne se fait pas à perte, ce qui n’est permis que pendant les soldes." "Il y a aussi les offres conjointes, ajoute Jean-Luc Vasseur, du type 2 articles pour le prix d’un ou le 2e article à moitié prix, qui permettent de brader les prix."

Sans pour autant juger que c’est la panacée. "Faire des ristournes toute l’année, cela ne marche pas, convient-il. Il faut garder aux soldes leur objectif premier qui est de liquider les articles en surplus."

Stocks volumineux

Et cet hiver, selon le sondage réalisé par l’UCM auprès de 247 commerçants indépendants de Wallonie et de Bruxelles, il y en a beaucoup ! Ils sont 48 % à estimer leurs stocks supérieurs à l’an dernier, contre 14 % inférieurs et 38 % identiques. La plupart proposeront donc d’emblée, le 3 janvier, des ristournes de 30 % et plus. En cause, la vente en ligne, bien sûr, une météo trop douce qui a eu un impact négatif sur les collections d’hiver et la généralisation des offres couplées dans les grandes chaînes durant le mois de décembre. Pour autant, les commerçants sondés ne sont pas catastrophés. Ils ne sont que 4 sur 10 à penser que les ventes seront moins bonnes que l’an dernier.