Entreprise Les ministres des finances et les banquiers centraux des sept pays les plus industrialisés (G7) ont évité samedi à Washington les sujets de dissension et ont voulu se montrer optimistes sur les perspectives de l'économie mondiale.

"Les fondations de la croissance économique mondiale sont saines", en dépit de son récent ralentissement, souligne le communiqué final de la réunion, qui s'est tenue en marge des réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale.

Les grands argentiers du monde industrialisé sont restés muets sur la question des taux d'intérêt qui a provoqué ces derniers jours des passes d'armes entre Américains et Fonds monétaire international (FMI) d'un côté et représentants de la zone euro de l'autre.

Le G7 Finances est également resté très modéré dans ses appels à la relance de la croissance au Japon, reprenant quasiment mot pour mot sur ce sujet les termes du communiqué final de sa précédente réunion en février.

Dans un communiqué sans relief, les ministres et banquiers centraux se sont bornés à constater que la croissance américaine, et par conséquent mondiale, avait fortement ralenti ces derniers mois.

Mais "les perspectives d'amélioration du niveau de vie de l'ensemble du monde sont très bonnes", affirme le communiqué, soulignant qu'il est "dans l'intérêt de l'économie mondiale que chacune des économies des pays industrialisés croisse à un niveau proche de son potentiel maximal".

Même les crises dans les pays émergents ne sont pas parvenues à inquiéter le G7 ,qui a salué le plan de réformes en Turquie et l'aide de 10 milliards de dollars que le FMI et la Banque mondiale se sont déclarés prêts à apporter à Ankara, et n'a rien dit au sujet de l'Argentine.

Les ministres ont appelé le FMI à faire davantage pour la prévention des crises. "Compte tenu des leçons tirées des expériences passées et dans la perspective de prévenir les crises, nous sommes résolus à surveiller les développements monétaires et financiers plus étroitement et encourager des actions préventives pour corriger les politiques" susceptibles de créer des déséquilibres, ont-il dit.

La Russie, qui a longtemps été un souci pour le G7, a vu cette fois-ci sa croissance saluée par le groupe des sept pays les plus riches qui a toutefois appelé Moscou à accélérer ses réformes structurelles et à promouvoir la liberté de l'information.

Alors que le FMI et les Etats-Unis avaient appelé très ouvertement la Banque centrale européenne (BCE) à baisser ses taux pour contribuer à la relance de la croissance mondiale, cette question "n'a pas été évoquée" durant la réunion de Washington, a affirmé le président de la BCE, Wim Duisenberg.

Il n'y a eu "absolument aucun reproche de part et d'autre", a affirmé le ministre français de l'Economie et des finances Laurent Fabius. "Il ne s'agit pas de trouver un bouc émissaire. Il nous faut partager un objectif commun, à savoir la croissance la plus soutenue et la mieux partagée".

Concernant la réduction de la dette des pays les plus pauvres, le G7 Finances a indiqué qu'il "ne s'agissait que d'un aspect du développement et qu'il devait être complété par des programmes de réformes solides pour en assurer les bénéfices".

Sur les négociations commerciales multilatérales, le G7 Finances a souligné qu'il était favorable au lancement d'un nouveau cycle de négociations multilatérales dans le cadre de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) cette année, "pour réduire les barrières commerciales à la fois dans les pays industrialisés et dans les pays en développement".