Entreprise

Du velours cramoisi, des bouquets de roses très serrés, des portraits d'"ancêtres" accrochés aux murs sombres, des lumières tamisées, une succession d'espaces qui se distribuent autour d'une terrasse centrale, de jeunes hôtesses sexy, une ambiance cosy, glamour et des regards qui guettent les "personnalités". Est-ce le jour, est-ce la nuit ? En tout cas, c'est Paris. Plus précisément l'hôtel Costes, 239, rue Saint-Honoré, juste derrière la place Vendôme. Depuis 1996, il a pignon sur rue. Une clientèle branchée, française et internationale, très "mode et médias", s'y presse pour y déguster sur le coup de 13 heures un "club sandwich traditionnel" à 22 €, un "foie gras de canard suffisant pour deux" à 29 € ou une "côte de veau magnifique" à 39 €. Vanessa Paradis et Johnny Depp s'y sont rencontrés, Hugh Grant y était encore la semaine dernière.

A l'origine, les... Costes. Des frères aveyronnais dont la maman tenait un restaurant dans un village de la région. "Montés sur Paris" pour y ouvrir un premier bistrot. Avant de revisiter le concept de brasserie. Dans les années 80, naît le café Costes en plein milieu des Halles (fermé depuis). Designé par un certain Philippe Starck. L'hôtel Costes est, lui, décoré par Jacques Garcia qui s'est également chargé du Fouquet's, du Barsey à Bruxelles et du Majestic à Cannes.

Les Costes ? "Des gens intuitifs, passionnés, travailleurs qui aiment le luxe et le risque. Et il y a une grande part de risque dans ce qu'ils entreprennent", indique Dorothée Dereux, Costes food & beverage manager. Des gens qui ne communiquent pas. Et encore moins sur les chiffres. On dit que les Costes contrôlent aujourd'hui une quarantaine d'adresses à Paris. Il y a les incontournables, détenus par les deux frères Jean-Louis et Gilbert dont l'Hôtel Costes, le fief de Jean-Louis (comptez de 400 à plus de 1000 € la nuit, avec piscine en sous-sol), et le Marly, face à la pyramide du Louvre, où l'on retrouve Gilbert. Ou le Café Beaubourg, le Georges, etc. Et il y a aussi le Bourg-Tibourg, dans le Marais, où est associé le troisième frère, et l'Hôtel Costes K, avenue Kleber. Et une nébuleuse d'établissements dans lesquels les frères ont des parts. Des styles différents, autant d'entités indépendantes, précise Dorothée Dereux.

"Les Costes fonctionnent au feeling", poursuit-elle. Développent plus par passion que par stratégie. Un peu par hasard... Exemple : "Un ami de Jean-Louis Costes mixait de la musique à l'hôtel, ce qu'il programmait a plu", explique simplement Dorothée Dereux. Une petite société de production sort un premier disque. Modeste succès. Au troisième, c'est la révolution. Aujourd'hui, sort l'édition 2006-2007, la dixième compilation de la série. De la musique lounge, électro-world-fusion.

Autre exemple : les produits Costes issus de l'imagination des chefs des établissements éponymes. Des recettes qui ont plu aux clients et des produits fabriqués selon celles-ci par des partenaires de confiance. Une série de sauces (testées il y a 2 ans sur Paris), coulis et mayonnaises que l'on retrouve en Belgique en exclusivité chez Delitraiteur (voir ci-dessous). Et puis, la liqueur Costes lancée en 2006 (5 000 bouteilles). Jean-Louis la déguste moitié liqueur, moitié cognac Hennessy. Nom de code : "la 239" puisqu'elle est née au bar de l'hôtel. Un hôtel 4 étoiles d'environ 90 chambres. Il ne faut pas chercher à en savoir plus, sur le site Internet, il n'y a pas de photo. "Comme on est dans un univers assez magique, la photo figerait l'image qu'on peut avoir du lieu. Il faut venir ici pour voir à quoi cela ressemble", conclut Dorothée Dereux.