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Selon l’estimation "flash" de la Banque nationale de Belgique (BNB), la Belgique est retombée en récession au deuxième trimestre. Le pays n’est pas théoriquement en récession puisque celle-ci se définit par deux trimestres de recul consécutifs. D’avril à juin, l’économie belge s’est donc contractée de 0,6 % par rapport au premier trimestre. Au cours de ce premier trimestre, la progression avait été de 0,2 %, contre un recul de 0,1 % au quatrième trimestre 2 011.

Plusieurs éléments peuvent expliquer cette mauvaise performance alors que la Belgique faisait jusqu’à présent partie du noyau dur de l’Europe. "Comme les Pays-Bas ou l’Allemagne, la Belgique est très dépendante de ses exportations, déclare Peter Vanden Houte, le chef économiste d’ING Belgique. Or, en plus des problèmes dans la zone euro, on voit que les marchés émergents, vers où se dirigent ces exportations, ne vont pas bien. Les statistiques en provenance de Chine, notamment, ne sont pas fameuses". La Belgique n’est d’ailleurs pas la seule à connaître des soucis en ce moment. "En Allemagne, l’indice PMI manufacturier du mois de juillet s’est contracté à son plus bas niveau depuis juin 2010", note Peter Vanden Houte.

Un autre élément explicatif de ce recul de 0,6 % est paradoxalement la bonne tenue de notre économie au premier trimestre. "Le chiffre de 0,2 % de croissance au premier trimestre était nettement plus positif que ce qui avait été prévu, analyse Peter Vanden Houte. La base de comparaison est donc maintenant défavorable. Durant les trois premiers mois de l’année, le secteur de la construction s’en était bien sorti grâce à des températures anormalement élevées. Pourtant, on venait de sortir de certaines mesures de soutien fiscal et la baisse des prêts hypothécaire n’augurait rien de bon pour le secteur. On peut donc dire que le premier trimestre a volé de la croissance au deuxième trimestre dans la construction".

Suite à ces chiffres, l’économiste a logiquement revu à la baisse ses prévisions de croissance annuelle qui passent de +0,4 % à -0,1 %. "Dans le scénario positif, nous anticipons une stagnation de l’activité au troisième trimestre et une croissance de 0,3 % au quatrième trimestre, explique Peter Vanden Houte. Mais tout dépendra de l’évolution de la crise en zone euro et de l’attitude de la Banque centrale européenne. Sans stabilisation, beaucoup de plans d’investissement devraient rester au frigo".

La Belgique devrait néanmoins recommencer à bénéficier du soutien des pays émergents. "La dégradation observée dans les pays émergents devrait bientôt avoir atteint son point bas, note Peter Vanden Houte. La Chine a pris pas mal de mesures pour relancer son économie. Le troisième trimestre et surtout le quatrième devraient donc être meilleurs". Le gouvernement ayant basé son contrôle budgétaire sur une estimation de croissance de 0,5 %, un recul de l’ordre de 0,1 % devrait donc se faire sentir sur les finances publiques. "Ce n’est pas une bonne nouvelle. Il s’agit certes d’une première estimation et il faut attendre les chiffres définitifs plus affinés, mais il est clair que le deuxième trimestre a été mauvais", a commenté le ministre fédéral du Budget, Olivier Chastel (MR).