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Arnaud Zacharie, le directeur de recherche au «CNCD-11.11.11 », fait partie des partisans d'une taxe sur les billets d'avion.

Il dénonce la position des ministres belges de la Coopération et des Finances qui plaident en faveur d'une contribution volontaire au lieu d'une taxe obligatoire. «Premièrement, argumente le directeur de l'ONG, en s'opposant à une contribution obligatoire sous peine de nuire à la compétitivité du secteur aérien, les deux ministres agitent des craintes infondées. Ce type de taxe d'un montant assez modeste, qui, en Belgique, pourrait rapporter quelque 35 millions d'euros par an (soit 175 000 traitements anti-VIH/sida par an), n'aurait qu'une incidence marginale et anecdotique sur le secteur. N'oublions pas que même dans un contexte où le prix du pétrole fait augmenter considérablement les prix des tickets, le nombre de voyageurs ne cesse d'augmenter».

«Deuxièmement, poursuit Arnaud Zacharie, contrairement à ce que pense le ministre de la Coopération, le produit d'un prélèvement obligatoire peut être affecté à une finalité définie à l'avance et, donc, à une éventuelle Facilité internationale d'achat de médicaments (FIAM)». Pour lui, le «principe d'unité de caisse» n'est pas aussi contraignant que le prétend le ministre, raison pour laquelle tant la loi belge sur la taxe «Tobin» que la contribution ex ante de chaque Etat membre au budget de l'Union européenne via la TVA ou les droits de douanes sont légales.

Par contre, estime le responsable de l'ONG, «il est un argument central et essentiel que les deux ministres passent sous silence: toute contribution obligatoire permet de réduire la volatilité et l'imprévisibilité des montants débloqués et, donc, de planifier des politiques pérennes et efficaces dans un secteur où les financements durables font cruellement défaut». Seul un financement prévisible et stable permettrait dès lors de sauver chaque jour des milliers de vies.

En définitive, conclut Arnaud Zacharie, «la mise en oeuvre d'une taxe mondiale sur les billets d'avion, même si elle est bien moins ambitieuse qu'une taxe sur les transactions financières ou les émissions de CO 2, créerait un précédent et permettrait de relancer la question centrale d'une fiscalité internationale comme mécanisme de redistribution global».

© La Libre Belgique 2006