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Les crises financières et les derniers épisodes concernant Dexia et JP Morgan démontrent que des réglementations sont nécessaires pour encadrer le système bancaire. Après des règlements sur les exigences en termes de solvabilité et de fonds propres, il s’agit de s’attaquer maintenant à la structure même des banques en séparant les métiers. "Nous sommes en situation de crise et cette crise n’est pas terminée. Ces crises ont mis en lumière la faiblesse de la supervision et l’absence de vision européenne dans l’encadrement des banques. Depuis deux ans, nous avons déposé 29 textes sur la table. Nous avons aussi entamé des réformes pour mieux encadrer et séparer les risques dans les banques", note Michel Barnier, Commissaire européen chargé du marché intérieur et des services financiers, lors d’un colloque organisé par le groupe des Verts au Parlement européen.

Malgré les nombreuses réglementations déjà mises en chantier, il reste des lacunes à combler et plus spécialement sur la structure même des banques et sur le système banquier parallèle, c’est-à-dire sur les opérations de trading, de spéculation ou les opérations pour compte propre, par exemple. Michel Barnier insiste sur le fait qu’aucun acteur financier ne doit rester à l’écart d’une supervision et d’une réglementation dans un cadre européen. "Je suis un fervent militant de la prévention car la prévention coûte moins cher que la réparation. Nous devons rendre les banques moins complexes et nous soucier, après l’intervention sur les fonds propres, de la structure même des banques", souligne Michel Barnier.

Il ne s’agit donc pas de régler les problèmes qui secouent l’actualité aujourd’hui mais de prévenir des crises à venir. Un groupe de travail a été mis sur pied pour déterminer si des adaptations dans les structures des banques sont nécessaires (scission des activités commerciales et d’investissement, instauration de chinese walls, ).

Si cela s’avérait nécessaire, les efforts développés aux Etats-Unis et au Royaume-Uni pourraient être des sources d’inspiration. Dans ces pays, des mesures ont été prises de façon à ce que le contribuable ne soit pas tenu de payer les dégâts bancaires qui relèveraient d’opérations parallèles. Des filets de sécurité ou des séparations d’activités sont ainsi mis en place. Il faut cependant reconnaître qu’une réplication des modèles anglo-saxons ne sera sans doute pas possible dans une Union européenne qui compte 8300 banques qui présentent une grande diversité au niveau géographique, tailles, activités, et formes juridiques.