Entreprise C'est une plante qui faisait partie du paysage agricole wallon pendant des décennies, jusqu'à sa quasi-disparition, à cause de la confusion avec sa cousine que l'on transforme en cannabis. Sa culture, strictement réglementée, a fait une réapparition anecdotique dans les années 90 avant une relance plus conséquente en 2009, dans les provinces de Namur et de Luxembourg.
Le chanvre est aujourd'hui une filière jugée prometteuse en Wallonie. Cette plante pousse à peu près toute seule et ne nécessite donc pas d'apport de pesticides et d'engrais. La plupart des producteurs wallons sont bio.

Il y a un an, la première unité de défibrage de chanvre industriel a été inaugurée à Marloie. Elle devrait permettre de produire des fibres à destination des secteurs de la construction (matériau isolant), de la papeterie, de l'alimentation pour bétail mais aussi du textile. Les premiers vêtements réalisés en fibres de chanvre wallon ont été présentés samedi à la Lux Fashion Week d'Arlon.

© Belle'gique


© Belle'gique


© Belle'gique


"La matière brute issue de l'usine de défibrage est grossière et très résistante. Techniquement, il n'est pas possible de la faire passer dans des cardeuses (machines à démêler les fibres textiles, NdlR) . Nous avons donc dû la retravailler pour la présenter à la filature", explique Florence Keller, de l'ASBL Chanvre wallon qui porte ce projet textile. "Nous avons obtenu un fil fait en France, moitié laine moitié chanvre, qui a et qui fait toujours l'objet de tests d'affinage et de teinture végétale. Nous avons produit 5 mètres de tissu et nous en attendons 200 autres mètres."

© Chanvre wallon - Fleur de Lice


© Chanvre wallon - Fleur de Lice


© Chanvre wallon - Fleur de Lice


Ce tissu en chanvre a donc servi à réaliser des vêtements ainsi que des poufs et des coussins (revêtement extérieur et rembourrage avec la fibre). Reste à trouver des débouchés commerciaux. "Nous avons déjà des marques d'intérêts de stylistes français et belges", annonce Florence Keller. "C'est une production unique en Belgique et c'est un vrai challenge de faire du textile local car les filatures ont disparu et le savoir-faire aussi. Il faut trouver des passionnés", ajoute-t-elle.