Entreprise Le Fonds Prince Albert poursuit sa mission : envoyer de jeunes talents belges aux quatre coins du monde.

Ce mardi, en présence du prince Lorenz, 26 jeunes lauréats du Fonds Prince Albert (FPA) ont reçu officiellement leur diplôme. Ceux-ci ont effectué dans le courant de l’année 2016 et 2017 une mission d’un an en dehors de l’Europe pour le compte d’une entreprise belge, petite ou grande.

Né il y a plus de trente ans d’un partenariat entre la Fédération des entreprises de Belgique (FEB) et de la Fondation Roi Baudouin, le FPA, qui octroie des bourses, s’adresse en priorité à des jeunes de moins de 30 ans qui ont le goût de l’entreprenariat et des voyages et qui ont déjà de deux ou trois ans d’expérience professionnelle. L’opportunité pour ces jeunes de poser les bases d’une future carrière internationale à travers une expérience multiculturelle, mais aussi, pour des employeurs belges, d’explorer le potentiel de développement de leurs activités en Asie, aux Amériques ou en Afrique.

Davantage de francophones

Il y a trois ans, "La Libre" avait souligné l’absence de francophones parmi les candidats sélectionnés. C’est bien simple, dans la promotion 2014, parmi les 11 candidats retenus, il n’y avait aucun… francophone. Et l’année suivante, seulement 10 %. De quoi alimenter l’image de francophones casaniers, un peu "plan-plan" face à de jeunes néerlandophones plus conquérants. Depuis, les choses vont mieux, nettement mieux, merci. Ainsi, sur les 26 élus de la promotion 2018 (NdlR : sélectionnés parmi 240 candidats) qui partiront entre juin et décembre de cette année pour effectuer leur stage à l’étranger, on compte 42 % (NdlR : pour 30 % pour la promotion 2017) de francophones. Autre statistique intéressante : les jeunes femmes sont présentes en force. Lors de la promotion 2018, elles représentent 62 % (NdlR : contre 50 et 55 % lors des promotions 2016 et 2017) de tous les candidats choisis par le FPA. Alors qu’en 2015, la proportion n’était que de 33 %.

Avec la révolution digitale et l’émergence d’un écosystème des start-up, la préférence des jeunes va de plus en plus depuis quelques années sur des projets de développement à l’international portés par des petites sociétés même si les valeurs sûres - les grandes entreprises cotées comme UCB, Barco ou Umicore - ne sont pas délaissées pour autant.

Une start-up, c’est notamment le choix de Julie Daled qui a travaillé pendant un an à New York pour le compte de la petite société anversoise neoScores. Cette dernière, basée à Anvers, a développé une application interactive qui permet aux musiciens de sauvegarder, lire et modifier des partitions musicales numériques. Parfois présentée comme le "iTunes de la partition musicale", neoScores ouvre la voie à la fin de l’ère du papier. "Ce qui m’intéressait, c’était de travailler au sein d’une entreprise très innovante dans une activité jusqu’ici traditionnelle et qui n’avait pas encore connu la digitalisation. Etre présente pendant un an à New York m’a donné l’occasion de rencontrer les grands éditeurs de partitions musicales sur ce marché qui est le plus gros dans ce secteur", explique-t-elle, appréciant "ce mélange de technologie et de créativité". Après New York, elle a encore travaillé un an, à Londres cette fois, pour le compte de la start-up.

Un intérêt croissant pour l’Afrique

Autre tendance : la recherche de "sens", notamment à travers une implication dans des projets "durables" ou qui touchent aux questions environnementales. Nicolas Tsurukawa a ainsi passé un an au Japon, à Ossaka, pour la société Urban Crop Solutions, basée à Waregem. Objectif : étudier sur le marché japonais le potentiel pour l’établissement de "fermes verticales indoor" qui permettent, dans des conditions climatiques difficiles et dans un "environnement contrôlé", de produire légumes, épices ou condiments. "Le Japon est assez friand de ce type de technologies. Car le nord du Japon connaît un climat sibérien, la relève n’est pas là au niveau du secteur agricole local et ce pays cherche des voies pour s’assurer une autosuffisance alimentaire", explique-t-il. Travaillant en solo, Nicolas Tsurukawa a ainsi trouvé un partenaire local pour développer cette technologie sur l’archipel nippon. Aujourd’hui, il est toujours consultant pour le compte d’Urban Crop Solutions, tout en travaillant sur d’autres projets.

Si les destinations phares de ces jeunes "globe-trotters" restent les Etats-Unis et l’Asie, l’Afrique suscite aussi un intérêt croissant. Quatre jeunes travaillent ainsi actuellement sur des projets en Côte d’Ivoire, en Afrique du Sud, au Kenya et en Ouganda.