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Le gouvernement a fini de tergiverser. Après s’être réunis à plusieurs reprises samedi, dimanche et lundi, les principaux ministres fédéraux semblaient un peu lassés de ne pas conclure. Mardi, ils ont convenu de mettre au frigo - temporairement au moins - les sujets les plus sensibles qui avaient singulièrement échauffé les esprits au cours de la discussion. Deux mesures - l’opportunité de réduire à 6 % la TVA sur l’électricité (une mesure recalée par le CD&V) et l’instauration d’avantages fiscaux pour les PME dans des zones économiquement défavorisées - seront discutées avec les Régions. Une troisième (la manière de changer la loi de 1996 sur la sauvegarde de la compétitivité de façon à réduire le handicap salarial dont souffre l’économie belge) fera l’objet d’une discussion ultérieure. Elle a durement opposé PS et Open VLD mardi après-midi.

Cette décision d’encommissionner les sujets "qui fâchent" était sans doute nécessaire pour permettre au gouvernement de boucler son budget pour 2014. Ce qu’il a fait mardi en soirée. En tout, grâce notamment à une maîtrise de l’inflation permettant de retarder d’un mois le prochain saut d’index et des dépenses publiques corrélées, le gouvernement a fait 561 millions d’économies supplémentaires - qui s’ajoutent aux 22 milliards d’économies déjà réalisées depuis le début de la législature. Grâce à cet effort additionnel, le gouvernement a pu ramener le déficit de la Belgique à 2,15 % du PIB et, en même temps, libérer 263 millions pour des mesures de relance. Au total, le plat a été préparé selon une recette très belge. Il y a un peu de tout : soutien aux entreprises, amélioration du pouvoir d’achat.

1 Pouvoir d’achat des travailleurs. Le gouvernement a choisi d’améliorer le "bonus à l’emploi" - qui est une espèce de diminution de la cotisation personnelle à la sécurité sociale. Pour une personne au salaire minimum (1 500 euros bruts), cela représentera une économie de 120 euros/an. Par ailleurs, le montant de l’allocation familiale pour les enfants d’indépendants sera aligné sur celui prévu dans le régime des salariés.

Soutien à la création d’emploi. Le gouvernement avait décidé l’an dernier de réductions de charges patronales pour l’engagement des 3 premiers emplois dans une entreprise. Il prolonge la mesure pour le 4e et le 5e travailleurs. La mesure consiste en une réduction de 1 000 euros par trimestre pendant 4 trimestres et de 400€ par trimestre pendant les 4 trimestres suivants. Par ailleurs, 20 millions de réduction de charges seront octroyés aux entreprises qui travaillent 24 heures sur 24 et 5,3 autres millions à deux secteurs particuliers : l’Horeca et la construction.

Réduction du coût du travail. Des réductions de cotisations sociales sont octroyées aux employeurs qui engagent des personnes peu qualifiées faiblement rémunérées. Le seuil salarial au-delà duquel la baisse de charge n’est plus accordée sera indexé. Un plus grand nombre de travailleurs sera donc concerné. Par ailleurs, les conditions d’accès au plan Activa - qui prévoit des réductions de cotisations sociales allant jusqu’à 1 500 euros par trimestre - seront assouplies. L’âge maximal des bénéficiaires passera de 27 à 30 ans et la durée minimale au chômage sera abaissée à 6 mois (au lieu d’un an).

Soins de santé. Des mesures d’économies ont été identifiées en accord avec les acteurs des soins de santé, qui vont permettre d’injecter 20 millions d’euros dans différents secteurs : près de 3 millions d’euros pour le plan "gardes de médecine générale" que la ministre Onkelinx (PS) va présenter sous peu ; un soutien financier au futur plan "maladies rares" ; ainsi que 14 millions pour améliorer la rémunération des aides-soignantes dans les hôpitaux (après 5 ans d’ancienneté, l’augmentation, due à une formation plus poussée, sera de 117 euros bruts par mois). Par ailleurs, une centaine d’emplois seront créés dans les hôpitaux, pour un montant de 4 millions.

Sécurité. Dix millions d’euros seront consacrés à la création d’un centre belge de cybersécurité, destiné à renforcer la sécurité informatique des institutions belges. En matière de sécurité civile, les pompiers recevront 20 millions supplémentaires en 2014 (voir page 8). Enfin, en matière de police, le gouvernement annonce le recrutement de 400 agents supplémentaires, ce qui porte le total des engagements prévus en 2014 à 1 400.