Entreprise

Après le refus de la Commission de la Défense de la Chambre d'amender le projet de loi relatif aux sous-munitions, 27 partenaires des Forges de Zeebruges (FZ) viennent d'écrire une lettre aux parlementaires, au Premier ministre Verhofstadt et aux présidents de partis pour plaider leur cause. D'après les signataires (soutenus par la section liégeoise de l'Union wallonne des entreprises, Agoria Wallonie et la Chambre de commerce et d'industrie Liège-Verviers/CCILV), si le texte est voté comme prévu en séance plénière le 16 février sans amendement, il raterait sa cible. «Nous avons aussi des enfants et notre but n'est pas de fabriquer des armes ou des munitions qui causeront des dommages que nous ne souhaitons pas à nos proches. Ethique et technologie sont donc présentes dans nos entreprises», dit Jacques Thomas, président de la CCILV et patron de Soudobeam/Metal Inject. Ils jugent injustifiées les attaques contre le secteur de la défense et affirment que les sous-munitions n'ont rien à voir avec les mines antipersonnel.

De plus, la technologie de FZ fait de l'entreprise liégeoise une pionnière en matière de percée technologique. «Les produits de FZ seront munis d'un double système qui garantit un contrôle dans le temps et des effets: plus rien ne peut exploser 35 secondes après le tir; les 8 sous-munitions n'exploseront que dans un rayon de 13,5 m, sont programmées pour arrêter un blindé et se répartissent le long de la route. La technologie de FZ n'a rien à voir avec les armes dangereuses fabriquées dans des pays qui font peu de cas de l'éthique (USA, etc.) et qui font des victimes civiles que tout le monde déplore», soutient Jean-Paul Cornil, directeur général de Computerland.

Outre un contrat de 24 millions d'euros (sans oublier les effets indirects sur les sous-traitants) au profit de l'Allemagne que FZ va perdre si la loi est votée telle quelle, les signataires redoutent l'impact sur l'emploi. Ils craignent que le français Thalès, la maison-mère de FZ ne délocalise la production: perte d'environ 70 emplois directs auxquels il faut rajouter environ 180 emplois indirects.

De plus, on ferme la porte à la poursuite de travaux de R&D qui pourraient profiter à d'autres secteurs et à la Belgique. «Nous ne sommes pas des bouchers, ni des marchands de canons. Nous voulons que la Belgique reste pionnière dans le secteur de la défense sécurisée», martèle Pierre Schaaps, patron de la société Vanhulen (ressorts industriels). Ils réclament donc un report du vote de la loi (2 ans, le temps que FZ obtienne une certification pour sa technologie) et la création d'une commission qui examinera les recherches de FZ.

© La Libre Belgique 2006