Entreprise

Deliveroo proposera dès le 1er janvier une assurance accident complémentaire gratuite à l'ensemble de ses coursiers indépendants belges, a annoncé mercredi la société de livraison à domicile de plats de restaurant active dans huit villes du pays. Il s'agit, selon elle, d'une première dans le secteur de l'économie digitale en Belgique. Elle entend de la sorte "mettre fin au compromis entre flexibilité et sécurité" pour ses livreurs. Cette assurance, offerte en partenariat avec Qover, une start-up belge du secteur, sera fournie aux coursiers dès leur première livraison, assure Deliveroo, qui négociait celle-ci depuis plusieurs mois. Son lancement n'est donc pas lié aux critiques récentes survenues dans les médias ou via des syndicats, insiste Mathieu De Lophem, manager général de la société pour le Benelux. "C'est un produit tout à fait nouveau, développé pour une activité comme celle de Deliveroo mais qui a mis du temps à se mettre en place. Il représente un investissement financier considérable."

Venant s'ajouter à l'assurance responsabilité civile déjà offerte par l'entreprise, ce dispositif les couvrira en matière de perte temporaire de revenus et de frais médicaux et prévoit des dédommagements en cas d'accident. Ainsi, le système prévoit notamment jusqu'à 75% des revenus hebdomadaires moyens en cas d'invalidité temporaire à la suite d'un accident survenu lors du travail et ce, pour une période allant jusqu'à 26 semaines. Il offre également un dédommagement pendant la durée de convalescence après un accident, pour une période allant jusqu'à deux semaines, 1.500 euros de couverture annuelle dans le cas où le coursier devrait séjourner à l'hôpital -et jusqu'à 750 euros si son hospitalisation nécessite la présence d'un membre de la famille- et une assurance dentaire jusqu'à 2.000 euros.

La démarche s'inscrit dans l'objectif de l'entreprise de fournir une protection aux travailleurs indépendants et de mettre fin à l'alternative entre la seule flexibilité ou la seule sécurité pour les coursiers partenaires, explique Mathieu De Lophem. "Nous savons que nos livreurs partenaires considèrent la liberté et la flexibilité comme essentielles afin d'organiser leur travail autour de leur vie et non leur vie en fonction du travail. Nous sommes déterminés à maintenir cela en leur garantissant de la sécurité lorsqu'ils sont sur la route", assure le manager général.

La mesure vient s'ajouter à la décision de la société, annoncée fin octobre, de mettre en application un nouveau modèle de rémunération à la course en Belgique, qui offre également, d'après elle, une plus grande flexibilité aux coursiers. Ceux-ci auront dès lors la possibilité de travailler pour d'autres plateformes s'ils le souhaitent.

Depuis cette dernière annonce, les coursiers indépendants travaillant pour Deliveroo gagnent en moyenne plus de 17 euros de l'heure, détaille Mathieu De Lophem. "Enthousiastes, ils ont d'ailleurs été plusieurs à exprimer l'intérêt et l'avantage qu'ils voient dans le fait de pouvoir être plus flexibles et ainsi mieux organiser leurs études et hobbies", relève-t-il, reconnaissant toutefois que de nombreuses séances d'informations ont été nécessaires. Le manager général n'a par contre pas constaté un nombre important de départs à la suite de ces changements.

Il n'est toutefois pas encore question d'intervention dans les frais de GSM ou d'entretien des vélos des livreurs, reconnait-il. "Nous voulons garantir leur flexibilité et aller aussi loin que la loi nous le permet. Nous sommes d'ailleurs très ouverts au débat que veut avoir le ministre (de l'Emploi) Kris Peeters sur ce qu'une plateforme comme la nôtre peut offrir aux livreurs tout en maintenant une garantie de flexibilité."

Deliveroo communiquera dans les prochaines semaines les détails concernant l'inscription à cette assurance à ses coursiers. Ceux-ci sont environ 1.500 à avoir été actifs ces deux dernières semaines, tandis qu'ils sont 2.500 à l'avoir été sur base mensuelle. Leur nombre pourrait d'ailleurs encore augmenter dans les mois à venir puisque Deliveroo ambitionne de lancer son activité dans trois à quatre nouvelles villes.