Entreprise L'heure est propice à la vente de shoppings et de galeries commerçantes. Les prix sont forts et beaucoup de vendeurs se laissent séduire. Rien que ces trois dernières années, pas moins de 8 complexes ont changé de mains, parmi lesquels le Kortrijk Ring Shopping courtraisien, le Basilix bruxellois, 50 % du Wijnegem anversois, le Waasland de Sint-Niklaas, les Galeries Saint-Lambert et la Médiacité de Liège.

Et ce n’est pas fini. Fort d’excellents résultats de fréquentation et de ventes, Rive Gauche (Charleroi), inauguré le 9 mars dernier, serait officiellement à vendre. Dockx Bruxsel, ouvert le 20 octobre 2016, qui ne pouvait en dire autant, a été retiré du marché il y a quelques mois, mais devrait y revenir prochainement. Quant au Woluwe shopping, l’opération est dans la dernière ligne droite et devrait être finalisée avant la fin de cette année. Tel est, du moins, ce qui se raconte.

Mais la vente est complexe. Le shopping (130 enseignes, plus de 1 900 emplacements de parking, 7 millions de visiteurs par an) est, en effet, partiellement (environ 60 %) aux mains de deux certificats immobiliers, l’un émis en 1979, l’autre en 1988, à l’occasion d’une extension. Ce sont ces 60 % qui sont mis en vente par le gestionnaire des certificats, AG Real Estate. Leur durée de vie, après prolongation, tombe fin 2019.

De grandes pointures 
 
Le processus, annoncé en bonne et due forme aux porteurs de certificats dans le rapport pour l’exercice 2016, a débuté par une première approche des investisseurs potentiels. Une mission de terrain qu’AG Real Estate a attribuée, en février dernier, à deux courtiers internationaux présents à Bruxelles, Jones Lang LaSalle et CBRE. La première phase a rameuté de multiples offres, non liantes. Aucun nom n’a officiellement circulé, mais il pourrait s’agir aussi bien d’investisseurs internationaux spécialisés, tels que les français Unibail-Rodamco et Klepierre ou le néerlandais Wereldhave, que de grands fonds d’investissement comme CBRE Investors, Union Investment, Deka, etc. Seuls ou en partenariat. On parle en effet d’un montant de 400 millions d’euros, voire plus.

Après avoir écarté certaines offres et sélectionné les plus intéressantes, AG Real Estate a relancé un deuxième tour de table. Les investisseurs sélectionnés avaient jusqu’à mardi midi pour déposer leur offre définitive chez un notaire. Celles-ci ont été ouvertes dans l’après-midi. Leur analyse pourrait prendre quelques semaines. Le troisième et dernier tour ne devrait garder qu’un ou deux offrants. Ce n’est sans doute qu’alors qu’AG Real Estate informera les porteurs des certificats du montant auquel ils pourraient prétendre.

Quant aux quelques 40 % restants (l’Inno, Habitat, etc.), ils sont propriété d’AG Insurance, maison mère du même AG Real Estate, et d’Agridec. Difficile de savoir ce qu’ils feront de leur parts. Les mettre en vente ? Au groupe ou au consortium qui aura acquis les 60 % mis en vente ? C’est une possibilité. A moins qu’ils ne profitent de la présence d’un nouveau copropriétaire, plus dynamique qu’un certificat immobilier, pour enfin faire aboutir le projet d’extension (11 000 m² et 300 places de parking supplémentaires), dont on parle depuis… 2007.