Entreprise

L’atmosphère de travail, la communication ou encore l’implication des associés dans le développement du cabinet figurent parmi les raisons qui ont poussé le jury du Belgian Legal Award à décerner à CMS DeBacker le prix du "Best law firm to work for", soit le cabinet d’avocats le plus attractif en matière d’emploi.

Né de la fusion en 2005 de deux cabinets belges - CMS Lexelis et DeBacker -, CMS DeBacker a développé depuis lors une politique des ressources humaines assez originale pour un cabinet d’avocats. "Nous avons trois valeurs : l’approche "travail en équipe", l’entreprenariat et le côté international tout en étant local", explique Stanislas van Wassenhove, managing partner du cabinet.

L’approche "travail en équipe" se traduit notamment par un partage des clients suivant les demandes. Le cabinet, qui compte près de 80 avocats, propose une vingtaine de spécialisations. "Celui qui a le contact avec le client va essayer de trouver le spécialiste le plus adapté à sa demande", précise Stanislas van Wassenhove.

Autre valeur : l’entreprenariat. Comme dans tous les cabinets, les collaborateurs sont indépendants, mais ici, la volonté est qu’ils partagent le projet du cabinet. "Nous poussons très fort à ce que les jeunes prennent en main leur destin. Dans beaucoup de cabinets, on met un certain nombre de dossiers sur votre bureau. Et puis, vous travaillez dessus. Mais nous trouvons cela réducteur. Nous souhaitons que chacun puisse définir son propre projet personnel : développer ses compétences, rechercher des clients, proposer de nouvelles approches Nous avons, par exemple, un collaborateur qui a décidé de développer le droit de l’énergie; un autre l’a fait dans le droit de la santé."

Tous les avocats travaillent exclusivement pour le cabinet avec l’objectif de devenir "partner" après un certain nombre d’années. Les seniors - juste avant d’être "partners" - doivent participer à un projet de développement stratégique du cabinet. "L’un d’entre eux a lancé une nouvelle newsletter. Il a dû réfléchir à la mise en place de cette structure, trouver le contenu Nos collaborateurs ne sont pas que des prestataires de services. Nous voulons qu’ils aient un projet pour qu’ils puissent s’épanouir. L’idée n’est pas de faire à tout prix du bénéfice. Mais nous ne sommes tout de même pas une asbl Un travailleur épanoui travaille mieux."

La troisième valeur de CMS DeBacker est son côté international. Le bureau fait partie de l’alliance CMS qui regroupe neuf cabinets (France, Suisse, Espagne ). "Mais tout en restant une firme belge. Nous sommes d’abord un cabinet national avec des possibilités internationales. Nous travaillons chaque fois avec des gens locaux qui connaissent l’esprit local. Et avec des tarifs locaux. Il faut savoir qu’il existe de grandes différences de tarif. Entre Bruxelles et Londres, par exemple, cela peut aller du simple au double." Ce réseau permet aussi aux avocats qui le désirent de faire un stage de 3 à 6 mois dans un autre bureau.

La politique de ressources humaines, mise en place par CMS DeBacker, depuis 2008 surtout, insiste aussi sur l’importance des formations. "Nous avons des formations juridiques, bien sûr, mais nous travaillons aussi beaucoup sur les "soft skills" : comprendre comment est organisé un client - car on ne parle pas de la même façon à un patron et à un conseiller juridique -, comment présenter un dossier quand on est en concurrence avec d’autres cabinets, pouvoir montrer au client qu’on a envie de travailler avec lui Un avocat n’a pas nécessairement des qualités de manager. Ce n’est pas ce qu’on lui apprend à l’université", explique Stanislas van Wassenhove. C’est la CMS Academy, créée par le réseau, qui coordonne les formations non spécifiquement juridiques. "Cette dynamique de soft skills est assez neuve dans la profession. Le jury du Belgian Legal Award a d’ailleurs trouvé très innovant le fait qu’un cabinet se penche sur ces questions de management."

Chaque avocat, à l’exception des associés, a par ailleurs un coach, en la personne d’un senior. Il le suit, l’évalue. "Il est là pour lui rappeler ses objectifs : "Tu avais envie de réaliser cela cette année. Où en es-tu ?" "Tu as décidé d’écrire un article. Pour quand ?" On formalise en fait quelque chose qui existe dans la réalité, car il y a toujours des avocats plus âgés qui s’occupent des plus jeunes."

Le cabinet organise également des sessions où tous les membres des différents départements ont l’occasion de dire ce qui ne va pas. "On réfléchit ensemble pour voir comment améliorer les choses. Ce n’est pas le management qui impose. On part de la base pour remonter", précise Stanislas van Wassenhove qui note également que "les avocats, les jeunes surtout, organisent beaucoup de choses entre eux, comme un tournoi de football ou la participation aux 20 km de Bruxelles. Il y a une grande solidarité et une faible rotation du personnel".

Le cabinet a aussi une politique en matière de développement de carrière. "Dans beaucoup de structures, les avocats deviennent associés de façon parfois arbitraire. Ce qui peut être frustrant. Nous avons essayé d’objectiver cela au maximum. On a ainsi défini un plan de carrière qui permet aux jeunes de voir quelles sont les différentes étapes du développement, les critères importants Nous prenons beaucoup de temps au départ pour voir si les collaborateurs que nous engageons correspondent à ce que nous cherchons et se sentent en adéquation avec la culture de l’entreprise. Si un jeune aux dents longues, qui veut gagner un maximum d’argent, vient travailler chez nous, je crois que cela ne marchera pas !"