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ENVOYÉ SPÉCIAL EN RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO

Pendant que le ministre wallon de l'Economie, Serge Kubla (MR) poursuit ses contacts politiques et défend des projets auprès des autorités congolaises, les entrepreneurs et investisseurs belges ont pris d'assaut, mardi, la salle Virunga de l'hôtel Memling. Le secteur médical est largement présent avec une quinzaine d'entreprises du secteur de la santé. «Il y a un fort besoin en matière de santé ici. La coopération a causé du tort aux entreprises belges et congolaises en coupant les ponts en nonante. Nos ministres venaient au Congo avec des médicaments qu'eux-mêmes n'oseraient pas utiliser et qu'ils n'achèteraient même pas à des entreprises belges», dit Luc Eykerman, administrateur délégué de la société Pharmacobel et des laboratoires Sterop à Bruxelles.

Des bus dès le 30 juin?

L'homme exploite également une société au Congo, Pharmafrique, qu'il a créée il y a 10 ans. «Nous fabriquons des solutions vitaminées, des médicaments antitussifs et antipaludéens pour le marché congolais. Maintenant, on essaie d'adapter nos produits aux nouvelles exigences de l'Organisation mondiale de la santé (OMS)», poursuit-il.

Quelques tables plus loin, Jacques Berlot, responsable commercial de TPF Chapeaux International (infrastructures et équipement d'aéroports, transport urbain, etc.) et Walter Raffo administrateur délégué d'AP Trans (billetterie des transports publics) discutent avec leur partenaire local, Charles Lututa Ilongosi. Ancien directeur de la société de transport urbain de Kinshasa (Sotraco) aujourd'hui disparue, ce dernier est le futur directeur général de la nouvelle Société des transports urbains du Congo (Stuc), créée conjointement par TPF Chapeaux international et AP Trans. Leur projet consiste à relancer un premier réseau de transport en commun urbain à Kinshasa. Les responsables espèrent faire rouler les premiers bus dès le 30 juin 2004. «Nous sommes venus régler plusieurs points du dossier. Il faut d'abord trouver un endroit pour entreposer les bus et de ce point de vue, le gouvernement va prochainement mettre à notre disposition l'ancien entrepôt de Massina (Sotraco) près de l'aéroport de Kinshasa. Nous avons profité aussi de l'occasion pour définir les arrêts qui jalonneront les deux premiers itinéraires des bus (45 km)», explique M. Berlot. Ils ont déjà l'accord de principe du gouvernement pour les emplacements et il reste à introduire la demande de permis pour la construction et l'aménagement des stations. Sans oublier le problème des ayants droit qui doivent bénéficier de tarifs sociaux (militaires, fonctionnaires, etc.). Il est prévu que l'Etat congolais finance ces tarifs sociaux. «Sur les 6 millions d'habitants à Kinshasa, on évalue à 1,5 million le nombre de personnes capables de payer un ticket de transport en commun», dit Jacques Berlot.

180 emplois

Dans un premier temps, le Tec liégeois (SRWT) mettra gratuitement 17 bus (des articulés) à la disposition de la Stuc et les transports en commun de Rome (Atac), 30. Ce sont des bus que les sociétés ont retirés de la circulation, mais qui sont encore en mesure de rouler.

Les bus liégeois sont déjà rassemblés, mais les responsables de la Stuc ont des problèmes pour les acheminer au Congo. L'Atac et les Tec liégeois ont promis de porter leur apport, respectivement à 250 bus (pour Atac) et 100 (Tec) d'ici 2005. Le prix du billet est déjà défini (entre 100 et 120 francs congolais). Les responsables de Stuc fixent leur seuil de rentabilité à 60 bus et comptent créer environ 180 emplois (conducteurs, administration, techniciens, etc.)

© La Libre Belgique 2004