Entreprise

La saga KPNQwest est loin d'être terminée. Les employés de l'opérateur de télécommunications américano-néerlandais, mis en faillite la semaine passée, n'acceptent pas en effet de rendre les armes aussi facilement.

A Hoeilaart, où se trouve le coeur des 25000 kilomètres de fibre optique de la société, le personnel continuait vendredi à occuper les locaux et à faire tourner bénévolement le réseau. `Nous continuerons à le faire jusqu'à ce qu'on nous coupe le courant´, dit le délégué syndical Jean Alves (Setca), en précisant que certains fournisseurs sont solidaires de leur combat. `Aujourd'hui, ce réseau ne fonctionne plus à l'argent mais à l'humain. Nous n'avons pas envie de voir la mort d'un réseau que nous avons mis dix ans à construire et qui est employé par 100000 clients. Si ce réseau s'arrête demain, je vous garantis qu'on aura droit à un 11 septembre de l'informatique´. Et le délégué syndical de réitérer son appel à toutes les entités susceptibles de les aider à maintenir le réseau en état.

Les employés de KPNQwest en ont visiblement gros sur le coeur à l'encontre de leurs anciens dirigeants. `Il y a une guerre financière qui avait lieu depuis 4-5 semaines et qui tout à coup nous a privé de cash´, explique Jean Alves. `Il s'est passé quelque chose de très nébuleux en Hollande et tous les gens qui avaient construit de beaux réseaux comme le nôtre se retrouvent aujourd'hui au chômage à cause de quelques investisseurs peu scrupuleux´. Si en Belgique, les employés de KPNQwest sont aujourd'hui trop occupés à continuer à faire tourner leur réseau pour envisager une éventuelle procédure judiciaire, certains de leurs collègues américains ont déjà franchi le pas.

Le Setca s'associe

Une plainte a ainsi été déposée par une petite centaine d'anciens employés de GTS, un opérateur tombé en faillite en novembre 2001 et racheté pour trois fois rien par KPNQwest un peu plus tard. Le centre de Hoeilaart par exemple appartenait auparavant à GTS. Ces employés américains, qui pourraient être rejoints par d'autre à travers le monde, accusent quatre dirigeants de GTS d'avoir sciemment menti à leur personnel et à la presse sur l'état réel des finances de leur entreprise. En agissant de la sorte, ils auraient toujours eu comme objectif d'en faire une coquille vide pour pouvoir la revendre à KPNQwest et empocher quelques millions au passage.

`D'après une première analyse du document, cette plainte nous apparaît très sérieuse´, affirme Henri-Jean Ruttiens, du SETCa. `Nous envisageons d'ailleurs d'intenter une action similaire au nom des travailleurs belges. Et nous allons demander aux autres syndicats de nous rejoindre dans notre démarche´.

Cette affirmation est d'autant plus à prendre au sérieux que 240 des 350 employés de KPNQwest Belgique sont affiliés au SETCa et que bon nombre de ceux qui restent appartiennent soit au syndicat chrétien soit au syndicat libéral.

Des chiffres assez étonnants dans un secteur des nouvelles technologies traditionnellement très peu syndiqué.

© La Libre Belgique 2002