Entreprise

Ce mardi à Namur la ministre fédérale Sabine Laruelle (MR), remettra les prix de «La Vitrine de l'Artisan» à dix candidats sélectionnés parmi plus de 150 personnes de Bruxelles et de la Région Wallonne.

Il s'agit pour le gouvernement de couronner les efforts de différents créateurs de notre pays en soutenant une frange de la population trop méconnue et peu représentée comme force vive de la nation. Marc Van Obbergen est de ceux-là. Il travaille à Woluwe-Saint-Lambert et, depuis cinq ans, il a monté une entreprise de menuiserie qui ne travaille que sur des escaliers. «On travaille à l'ancienne, même si on effectue des projets contemporains», nous dit cet artisan pour qui tout marche.... Une des plus belles commandes fut de recréer les mains courantes dans le Studio 4 du Flagey. Pour lui, «un escalier est une carte de visite. Autant pour un architecte que pour les créateurs dont nous sommes. Un départ d'escalier c'est un élément important dans un hall. Nous travaillons sur mesure comme pour un costume, couplé aux désirs de nos clients. Dès lors il n'y a presque jamais deux escaliers identiques qui sortent de nos ateliers».

Qui dit costume dit chaussures et là c'est la partie de Paul Dascotte, qui aurait pu être Anglais et aimer les courses de chevaux. Lui, c'est le Ferragamo d'Ixelles, le créateur de chaussures comme on en trouve encore à Paris et à Londres. «A Bruxelles nous ne sommes plus que deux à pratiquer ce métier, difficile mais passionnant». Dascotte cultive l'excellence, sa passion et ses clients. Il est transporté par son travail et est heureux qu'enfin les choses bougent pour reconnaître ces métiers d'art. Il aime le cuir qui recouvre outre les pieds, des caractères et des spécificités étonnantes. Depuis plus de vingt ans, aidé par son épouse, il pique et coud, patine et glace. Il a beaucoup appris d'un vieux professeur installé à Soignies mais comme Raphaël avec le Pérugin, l'élève dépassa vite le maître et désormais on lui passe commande chez Dragone comme à Eurodisney. Les 4 800 personnes de son fichier ne se plaignent jamais. Elles reviennent, et chez Hermès, on l'appelle pour exécuter des commandes délicates. Ses clients sont des privés parfois illustres comme le prince Laurent.

Dans un tout autre genre, Karine Carvalho aime aussi les odeurs. Mais à celles d'une peau, elle préfère celles des fèves. Le chocolat est sa passion. Après une école hôtelière à Paris, la demoiselle de Digoin (près de Paray-le-Monial), est venue à Bruxelles pour un stage de six mois. Ça fait dix ans qu'elle est chez nous, et pour le meilleur. Associée en partie avec Pierre Léger, à Enghien, elle s'est installée en 2002 rue de Stalle à Uccle dans une ancienne boucherie au décor conservé. Sa spécialité c'est le chocolat en plaque, presque exposé brut, avec des saveurs diverses.

Mais que dire de ses statuettes indiennes inspirées du kamasutra si ce n'est qu'elles provoquent l'engouement des communes avoisinantes. Chez Michel Dubois, à Liège, on travaille et expose derrière le Palais de Justice, des meubles liégeois comme on les créait jadis. Monsieur Dubois est depuis 1998 ornemaniste et ébéniste. Meubles, miroirs et boiseries constituent ses spécialités, à créer ou à restaurer.

Enfin Klaude Charlier est là presque par hasard. Son épouse céramiste de métier reçut les documents de candidatures. Il y répondit aussi et s'en trouva sélectionné. Fort aise de ce choix, il peut faire valoir ses capacités de créateur de sites Internet. «Je crée des choses vraiment réelles, pour les indépendants et les P.M.E. C'est un métier totalement neuf, qui pour moi a cinq ans d'âge». Imaginer que l'Internet sera à la source de bien des développements économiques n'est pas bien compliqué. Klaude Charlier qui tient à son K comme à la prunelle de ses yeux, marche sur les flots victorieux d'un moyen de communication fabuleux. On ne pouvait faire mieux.

© La Libre Belgique 2006