Entreprise

Après Iris et Telenet, Devgen est la troisième société belge à faire l’objet d’une offre publique d’achat cette semaine. Le Suisse Syngenta offre 16 euros pour acquérir les actions de la société gantoise, ce qui représente une prime de 70 % par rapport au cours de clôture de Devgen ce jeudi (9,43 euros). Cette offre valorise la société gantoise à 388 millions d’euros. Le conseil d’administration de Devgen a d’ores et déjà annoncé qu’il soutenait l’offre de rachat.

Devgen est une société agro-biotechnologique spécialisée dans les semences améliorées via le croisement de plusieurs espèces. Elle développe également des produits destinés à protéger les plantes des maladies et des insectes. La société emploie 250 personnes en Belgique, à Singapour, en Inde, en Indonésie, aux Philiphines et aux Etats-Unis. Actuellement, elle réalise un chiffre d’affaires de 20 millions d’euros mais comme beaucoup de sociétés biotechnologiques, elle ne gagne pas d’argent.

"Syngenta a été attiré par notre technologie, explique Toon Musschoot, responsable de la communication du groupe. Nous sommes arrivés à un stade où il est temps de se concentrer sur la commercialisation. Mais nous étions trop petits pour couvrir un marché gigantesque comme l’Inde. Les équipes de ventes de Syngenta vont nous y aider." Syngenta aurait d’ores et déjà rassuré Devgen sur le devenir de l’emploi en Belgique. "La direction de Syngenta nous a donné des certitudes sur le cluster de Gand, déclare Toon Musschoot. En ce qui concerne notre direction, il est trop tôt pour se prononcer sur son avenir. En principe, tout le monde devrait rester à bord mais on ne connaît pas exactement les plans de Syngenta."

L’OPA pourra démarrer officiellement quand le prospectus d’offre et le mémorandum de réponse auront été approuvés par le FSMA, le gendarme belge des marchés financiers. L’offre est conditionnée à l’obtention par Syngenta de 80 % minimum du capital de Devgen et au fait que la société ne subisse pas d’événement négatif majeur avant la publication de l’offre.

Après Iris et Telenet, une troisième société belge pourrait donc passer entre des mains étrangères. Comment expliquer cet engouement autour des valeurs de notre pays ? "Plusieurs éléments rendent intéressantes les acquisitions de valeurs belges, explique Frédéric Liefferinckx de Leleux Associated Brokers. Le marché belge est devenu très petit suite au passage de nos plus grandes valeurs dans des mains étrangères. En raison du peu de liquidité du marché, les investisseurs institutionnels ont eu tendance à délaisser les actions belges. Elles sont donc moins suivies par les analystes, ce qui pèse sur leurs cours et les rend plus intéressantes aux yeux des industriels." Mais ce phénomène de rachat d’entreprises n’est pas confiné à la Belgique. "Nous sommes peut-être plus vulnérables qu’aux Pays-Bas mais ce genre d’opérations se passe dans tous les pays", explique Jean-Marie Caucheteux de la banque Degroof.